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Parution de « La neurodiversité, plaidoyer pour la reconnaissance de la diversité humaine et pour son avenir »

Dans la lignée de l’ouvrage éponyme publié avec Josef Schovanec, Steve Silberman, Bianca Nugent ou encore Joël Monzee, Mélanie Ouimet a proposé à Charlotte Parzyjagla, Juliette Speranza et Hugo Horiot de participer à un nouvel opus, publié en exclusivité au Canada. Mais il est possible de le commander en France ici ! Pour ceux qui seront présents à la Fête de la neurodiversité, ils pourront se le faire dédicacer par les trois auteurs français!  Bonne lecture!!

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La neurodiversité c’est complexe ! Tant mieux ! 

Un lundi après-midi de mai, nous sommes assis dans le petit carré d’herbe de l’école, à l’ombre de deux arbres fruitiers. Ces 5 enfants aux profils cognitifs très divers, ce qui leur a valu un échec au test de QI, sont soudainement plus calmes et plus réceptifs qu’entre les quatre murs de la classe d’ULIS que je coordonne. Nous observons la nature, et débattons de la différence. Voici un pêle-mêle de leurs pensées :

« – C’est comme les fleurs, il y en a une qui est ouverte et pas l’autre. Et là il y a un arbre grand et un  petit, même les abeilles elles sont pas pareilles. 

-Les éclairs dans le ciel c’est pas les mêmes.

– Et il n’y a pas deux herbes pareilles quand tu regardes, tu vois elle, elle est presque jaune et elle elle est verte avec des trous.

-Les feuilles, t’as vu ? Elles se ressemblent mais en fait c’est pas les mêmes. 

-Oui mais deux voitures c’est pareil. 

– Même nos cahiers,  c’est pareil pour tout le monde le cahier de liaison.

– C’est des objets ça, c’est pas la nature ! C’est les usines qui fabriquent les objets toujours pareils. Les plantes c’est l’eau et le soleil, ben c’est la nature tu sais bien !

Moi : Et les êtres humains ?

– Les humains, c’est la nature.

– Oui ben les jumeaux c’est pareil comme K et L dans ma classe.

– Non c’est pas les mêmes, elles ont les mêmes habits mais c’est pas le même caractère.

– En plus elles bougent pas pareil, par exemple elles lèvent pas toutes les deux la main.

Moi : Et quand on apprend ? On est pareil ? 

– Ben , M. il a des problèmes avec les maths, ben moi j’ai des problèmes à lire.

– Nous on est des ULIS aussi, c’est pas pareil que les autres !

– Ben en ULIS, c’est quand t’as pas la même vitesse pour apprendre.

Moi : Dans le corps, qu’est ce qui nous permet d’apprendre ? 

– C’est dans la tête !

– Oui les yeux quand même, faut bien regarder ! 

– Non c’est le cerveau. Aussi tes mains sinon tu peux pas écrire.

– Ben toi maîtresse en ULIS tu nous aides avec notre cerveau parce qu’il est moins bien.

– moi : Non, c’est pas moins bien, c’est différent. »

La nature ne fabrique rien de  «pareil », mais les hommes eux fabriquent des objets en série. Tout est dit non ? Un beau tableau dans ce jardin, pour peindre ce qu’est la neurodiversité en s’appuyant sur la palette que nous offre la biodiversité. 

Pour sensibiliser les élèves à la neurodiversité, j’aime commencer par leur parler de cerveau, et donc d’eux mêmes. Parler de neurosciences aux enfants surprend parfois les collègues : 

« C’est compliqué, tu ne les prépares pas à la fac de médecine ». 

Non … ce n’est pas « compliqué » c’est « complexe».

La neurodiversité est une affaire de « complexité » au sens que lui donne Edgar Morin, sociologue et philosophe. Petit détour théorique : 

Edgar Morin nous invite à penser le monde de manière globale, il s’agit alors de prendre de la hauteur sur le système qui nous intéresse ici, la neurodiversité humaine.

Retenons d’abord qu’un système forme un TOUT composé de différentes PARTIES, différentes les unes des autres, mêmes quand elles se ressemblent. Comme ici : image 1 tout parties

Comprendre le tout  et/ou comprendre chaque partie ne suffit pas pour saisir la richesse de ce système. Il s’agit ensuite de comprendre que dans ce TOUT les PARTIES sont en interactions, sont reliées. 

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Cet ensemble d’interactions entre ces PARTIES produit quelque chose de nouveau qui sera projeté   sur l’environnement extérieur au système. 

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Le TOUT composé de PARTIES en interactions est alors relié au monde, et agit sur celui ci. Inversement le monde agit aussi sur ce tout, c’est la boucle récursive.

Je vous invite à lire Penser global ou plus encore, La méthode d’Edgar Morin pour approfondir ces concepts vulgarisés ici. 

Maintenant, osons un transfert avec la neurodiversité, le système éducatif, ce tout que forme l’école, vise l’inclusion de différents élèves aux profils cognitifs divers, mais aussi au développement divers, à l’histoire de vie diverse….Et ce après être passé par l’exclusion, la ségrégation, l’intégration. Mais l’inclusion est plus complexe que juste réunir dans un système des parties différentes.

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 Il est important de prendre en compte le fait que ces parties, si on laisse naître les interactions, communiquent entre elles, peuvent être complémentaires. Laissons vivre ce système neurodivers, nous observerons alors qu’il produira quelque chose de nouveau que chaque partie indépendamment des autres n’aurait pas été en mesure de produire. Pour simplifier, mélangez du bleu et du rouge, vous obtiendrez du violet ! Ni le bleu, ni le rouge ne contenait de violet. 

La nature fait cela déjà… Chacune de nos cellules est composée de différents éléments qui, en interagissant entre eux, permettent de faire naître la vie. Le cerveau n’est il pas composé lui même de différentes parties qui interagissent entre elles pour produire un effet sur le monde et inversement se saisit du monde par ses perceptions ? C’est cela l’intelligence humaine. 

Le cosmos n’était-il pas un de ces systèmes composés de différents éléments qui par leurs interactions ont fait naître notre planète ? 

C’est cela penser global.  

Saisir la complexité de la neurodiversité humaine, c’est peut être aussi se donner les chances d’une école du XXIème siècle plus créative, et alors d’une société qui sera en mesure de relever les nombreux défis auxquelles elle devra faire face. Il est nécessaire pour cela de regrouper dans un même système éducatif toutes ces formes d’intelligences. Nous ne pouvons juste viser l’inclusion, nous devons viser la complémentarité, la création, la complexité. Car, tout est différent dans la nature ! Ne devenons pas produits de nous mêmes comme ces voitures en série. 

Il est temps de changer de paradigme sur ce qu’est l’intelligence humaine. 

Perrine Sonneville.

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Claire Stride lance UskillZ, une application de coaching pour neuro-atypiques

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Claire Stride, l’inépuisable coach des atypiques

Claire STRIDE, auteure, conférencière, consultante spécialisée en neurosciences et neurodiversité, lance UskillZ, une application de coaching pour neuro-atypiques et hypersensibles.

Qu’est ce qui vous a poussé à vous intéresser à la Neurodiversité ?

Je sais que je suis dyslexique, dyscalculique, et HP depuis mes 6 ans. Au début, je savais que j’étais différente, mais on n’en parlait pas. Je me suis rendue compte qu’en adoptant les stratégies de détournement et de compensation j’ ai appris à m’aider et à aider les autres. Cette transformation, c’est surtout à une orthophoniste que je la dois. Elle m’a aidée à traduire mon langage et à me faire comprendre auprès des profs, elle a littéralement changé ma vie. 

Au collège, j’ai commencé à avoir de bonnes notes et à aider ceux qui avaient des difficultés. 

À 15 ans, j’ai commencé à donner des cours particuliers et à 20 ans j’ai commencé à enseigner à  des primo arrivants non francophones, j’ai trouvé que c’était comme travailler avec des dys!

Ensuite, lors de mon expérience d’enseignante, j’ai voulu défendre les jeunes de la neurodiversité et les sortir de la spirale de l’échec. En parallèle, je me suis formée à la formation pour adultes, aux pédagogies innovantes, aux neurosciences, et aux techniques de  communication non violente. 

Puis j’ai proposé des préparations aux concours. C’est par la pédagogie, la transmission de connaissance et le travail sur l’estime de soi que je suis arrivée à coacher. J’en suis venue naturellement au coaching familial. En général, ce sont les difficultés  scolaires qui alertent les parents. Mais malheureusement, j’ai pu constater lors de mon expérience que les élèves maltraités en tant que HP ou dys l’étaient toujours en entreprise!

Quelles sont les différentes actions que vous avez menées jusqu’alors?

J’ai pratiqué un enseignement individualisé et adapté dans un contexte scolaire et extra-scolaire. Puis je me suis lancée dans l’accompagnement gestion du stress et gestion des émotions, puis la neurodiversité est venue à moi car les personnes que je coache sont à 95 % neuro-atypiques. La première demande ne concernait pas forcément la neurodiversité. Les gens venaient me voir en dernier recours, et ensuite une belle relation se mettait en place. 

Je travaille actuellement avec des entreprises sur des actions de formation et de sensibilisation à la vigilance quant aux profils atypiques, sans stigmatisation. 

A quel moment avez-vous eu envie d’aller plus loin, de proposer des choses plus concrètes aux atypiques?

Anciennement chercheur ingénieur d’études en sources anciennes (doctorante en histoire médiévale), chargée de cours à l’université, j’ai explosé véritablement explosé dans le système académique. Coincée entre le dogme dans lequel j’enseignais et le dogme de mes études, j’ai craqué. A 32 ans, mon corps a dit « stop », je suis tombée malade, ce qui m’a mis face à la dissonance dans ma vie.

J’ai choisi d’être authentique, de créer ma chaine youtube et d’écrire des livres pour permettre aux gens de bénéficier d’un accompagnement correspondant à leur budget. J’ai donc publié Pleinement moi hypersensible différent et c’est cool! Et dédié ma chaine youtube à la neurodiversité. 

En quoi consiste votre nouveau projet, Uskillz?

Ce projet est une nouvelle façon de faire du coaching, de n’importe où. C’est une application qui  offre la possibilité d’interpeller des experts certifiés et d’obtenir une réponse personnalisée en vidéo ( 10 minutes maximum). L’idée est d’avoir, à terme, une plate forme internationale. L’application est en cours d’expérimentation et nous avons lancé une campagne financement. 

UnknownQuel est l’intérêt de créer une telle application de coaching?

Certaines de personnes, je pense en particulier aux autistes non verbaux, n’ont pas accès à des services d’accompagnement personnalisés. Cette application est là pour  faciliter leur accès au coaching et au soutien de professionnels. Nous sommes là pour favoriser le « déclic » qui permettra de passer à une nouvelle phase de leur vie. 

Nous envisageons une mise sur le marché au premier trimestre 2020. UskillZ sera pour la neurodiversité ce que meetic est aux amoureux timides!

 

Articles sélectionnés, autisme, douance, tdah, troubles dys

Et si la paresse n’existait pas?

Cela fait plusieurs années que cette idée m’obsède: et si la fainéantise n’existait pas? C’est un sujet qui a animé plusieurs débats avec mes proches, qui souvent, trouvent cette idée un peu trop naïve, trop humaniste. Pourtant, il me semble que ce mythe de la paresse vient d’une méconnaissance profonde de la diversité cognitive humaine, et ce, au profit d’un système inégalitaire. 

Lorsque je regarde autour de moi, quelles sont les personnes que j’ai pu voir qualifiées de fainéantes? Des enfants dyslexiques, des personnes extrêmement cultivées, passionnées, voire hyperactives, et, parfois malheureusement, des personnes dépressives. Ces personnes étaient jugées paresseuses à l’aune de leur incapacité à intégrer un environnement normalisé. C’est une profonde injustice.

Pour ma part, je suis convaincue que dans certaines de mes nombreuses expériences professionnelles, il m’est arrivée d’être qualifiée de « paresseuse », ce qui ferait bondir ceux qui me voient plutôt comme une « boulimique du travail ». Comment est-il possible d’être qualifié de stakhanoviste dans certains contextes, et fainéants dans d’autres? Je ne me rappelle pas n’avoir eu envie de ne rien faire, jamais, de ma vie. D’ailleurs, est ce que l’envie de ne rien faire, absolument rien existe, hormis en état de grave dépression?

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Ce dont je me rappelle, c’est d’avoir été tétanisée à l’idée de sortir de chez moi, de rester, la main accrochée à la poignée, plusieurs minutes, puis de renoncer pour me cacher au fond de mon appartement. Ce dont je me rappelle, c’est d’avoir été tellement stressée par les injonctions de mes supérieurs qu’il m’était impossible de remplir sans erreur un tableau qui leur semblait simplissime. Ce dont je me rappelle, c’est d’avoir eu une sorte de voile sur l’esprit qui m’empêchait de raisonner et de savoir exactement ce que l’on attendait de moi. Je me rappelle avoir eu peur d’un ordinateur et de la tache répétitive qui nous liait.

D’aucuns argueront que ces petites anxiétés sont inhérentes au monde du travail. Soit. Cela dit, peut on vraiment dire que cette peur, voire ce refus d’entrer dans un milieu scolaire ou professionnel hostile, s’apparente à la paresse, au « rien faire », à l’oisiveté? Au lycée, je ne faisais, selon mes professeurs; rien. J’écrivais, je dessinais des portraits, des bandes dessinées, ce n’était pas rien. J’avais tellement mal au ventre, j’étais si malheureuse d’être là qu’il m’était impossible de m’intéresser au contenu des cours auxquels j’assistais. Un jour, j’ai arrêté d’y aller. J’ai travaillé toute seule, de mon côté, et j’ai eu mon bac avec mention. Etais-je paresseuse?

Une peur de l’échec?

Ce que l’on appelle la paresse peut désigner l’anxiété, l’incompréhension (dans le cas de certains atypiques, certaines  consignes, attentes, sont difficiles à cerner)  mais aussi une peur de l’échec qui sclérose l’action : « la paresse n’est que la tranquille façade qui cache le tragique et l’absurde de ce qu’on croit perdu d’avance », écrit Francois Rivest, conseiller pédagogique dans un article sur devoir.com intitulé La paresse n’est qu’une illusion. En effet, explique François Rivest, l’humain ne s’engagera pas dans une tâche qu’il juge hors d’atteinte. J’ajouterais que certains individus ne supportent pas d’exécuter une tâche qui leur semble dépourvue de sens.

Bien entendu, ces craintes, ces angoisses, ces blocages, sont souvent rencontrés par les neurodivergents, qui s’éloignent peu ou prou des normes en vigueur à l’école et dans le monde professionnel. J’ai toujours eu le sentiment que la « paresse » était une manière détournée de faire culpabiliser ceux dont le fonctionnement était perçu comme le maillon faible d’une société normée, robotisée, productiviste. C’est à ceux-là qu’il incombe de faire l’effort de s’intégrer, de ressembler aux autres, de suivre le «programme commun ». Mais si chaque individu possédait la liberté de choisir sa façon d’apprendre et de travailler, on verrait assez rapidement, des autistes, des TDAH, des dys, des haut-potentiel, se passionner et se dépasser.

Sans oublier ces oisifs, célébrés par Stevenson dans « l’Apologie des oisifs »,  un livre que m’offrait il y a quelques années un ami peintre, qui sont davantage d’indispensables observateurs de la société que des parasites: « Aujourd’hui, chacun est contraint, sous peine d’être condamné par contumace pour lèse-respectabilité, d’exercer une profession lucrative, et d’y faire preuve d’un zèle proche de l’enthousiasme. La partie adverse se contente de vivre modestement, et préfère profiter du temps ainsi gagné pour observer les autres et prendre du bon temps, mais leurs protestations ont des accents de bravade et de gasconnade. Il ne devrait pourtant pas en être ainsi. Cette prétendue oisiveté, qui ne consiste pas à ne rien faire, mais à faire beaucoup de choses qui échappent aux dogmes de la classe dominante, a tout autant voix au chapitre que le travail. »

Kropotkine, la fabrique des paresseux

C’est dans « La Conquête du pain » de Kropotkine, géographe et théoricien de l’anarchie, que je trouvais une confirmation à mes intuitions. Au lieu d’édicter contre la paresse des lois stériles,  Kropotkine suggère de rendre l’école libre, et de prendre en compte les besoins du travailleur plutôt que de le contraindre à l’exercice d’une tâche inadaptée:

« Donnez à l’ouvrier qui ne peut s’astreindre à fabriquer une minuscule partie d’un article quelconque, qui étouffe auprès d’une petite machine à tarauder qu’il finit par haïr, donnez lui la possibilité de travailler la terre, d’abattre des arbres dans la forêt, de courir en mer contre la tempête, de sillonner l’espace sur la locomotive. Mais n’en faites pas un paresseux en le forçant, toute sa vie, à surveiller une petite machine à poinçonner la tête d’une vis ou à percer le trou d’une aiguille! » . L’auteur avait bien conscience qu’un environnement inadéquat peut anéantir les compétences d’un individu.

Mais il ne croyait pas, comme je n’y crois pas, à l’existence d’un individu « fainéant », « paresseux », sans volonté d’apprendre ou de réaliser quelque dessein, car ces élans vitaux sont le propre de l’homme. En revanche, que ces élans ne soient pas orientés vers les apprentissages ou les tâches sélectionnées par l’institution ou des supérieurs hiérarchiques est un autre débat. « Supprimez seulement les causes qui font les paresseux, et croyez qu’il ne restera guère d’individus laissant réellement le travail, et surtout le travail volontaire, que nul besoin ne sera d’un arsenal de lois pour statuer sur leur compte ». Quant à ceux qui considèrent, comme Paul Lafargue, que consacrer des journées entières à produire pour autrui des biens ou des services, comme « la cause de toute dégénérescence intellectuelle, de toute déformation organique », et qui préfèrent cultiver leur potager ou lire, peut on vraiment les blâmer?

Finalement, dans une culture inégalitaire où, à l’instar de l’otium qui était réservé aux propriétaires terriens, la réflexion et la contemplation sont réservés aux bien-nés, les autres étant vite suspectés de vivre des aides sociales sitôt qu’ils empruntent un chemin atypique, le concept de paresse devient un outil de culpabilisation pour le sytème capitaliste et normatif, qui a tout intérêt à ce que les citoyens de base restent besogneux et « normaux ».

Juliette Speranza

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« Tous HP ? Folie d’un engouement et d’une désinformation» le billet d’humeur de Charlotte Parzyjagla

Charlotte Parzyjagla, psychothérapeute spécialisée dans le haut potentiel vient de publier son deuxième ouvrage sur les adultes surdoués aux éditions ellipses. 

JULIETTE ARTICLE
Charlotte Parzyjagla est  psychothérapeute et auteure spécialisée dans le haut potentiel

Il y a quelque temps, j’ai publié un article sur les enfants précoces pour la sortie de mon livre dans un journal local. Quelques jours après, je suis allée me promener avec ma fille. Je me souviendrai longtemps de ce mercredi de congé !

Les quelques dizaines de personnes que j’ai rencontrées m’ont toutes parlé de mon article. Chose étonnante, tout le monde semblait connaître le sujet de la précocité. Chose encore plus étonnante, je n’ai pas croisé une seule personne qui ne m’ait pas dit : « Mon fils, ma fille, mon mari, la fille de mon conjoint, la fille de ma sœur, ma sœur, mon frère ou moi-même, a été diagnostiqué HP » (pour rappel : on diagnostique un cancer, on détecte ou révèle un HP puisque ce n’est pas une maladie.) Comme les surdoués représentent 2,13 % de la population, on peut imaginer que, forcément, chaque personne en connaît au moins un ou deux. Ce qui m’intrigue c’est que les gens me décrivaient des individus très proches en parenté. À moins que le QI de mon village explose les scores nationaux, il me semble qu’il y a un problème…

À mon cabinet, la plupart des demandes que je traite sont pertinentes.

Mais parfois, j’ai ce genre d’histoire : Une dame arrive, gentille, humble et douce ; accompagnée de son fils. Elle a lu, par hasard, un article publié sur Facebook intitulé : «Surdoué et échec scolaire ». Parce que le titre est racoleur, elle ouvre le lien. Elle ne pense pas une seule seconde à son fils à ce moment, même pas secrètement. Elle et son mari sont ouvriers, sans diplôme. Comme beaucoup de gens, elle associe encore intelligence et diplôme. Personne n’a jamais brillé par ses compétences intellectuelles dans la famille. Son fils, de surcroît, vient d’intégrer une SEGPA. Elle sait que les SEGPA sont faites pour les gens en difficulté. Mais, oh stupeur, lorsqu’elle se met à lire l’article, cela ressemble à son fils ! L’article parle d’un ennui à l’école, d’une agitation faisant penser à un trouble du comportement, de la difficulté à gérer l’autorité, d’une intolérance à l’effort, d’un grand besoin de sens, du fait que les surdoués ont du mal à se faire des amis, qu’ils ont des difficultés avec la méthodologie, etc. C’est son fils qui est décrit !

Elle se renseignera plus avant et osera enfin franchir les portes de mon cabinet. Elle m’adressera une liste de toutes les caractéristiques qu’elle a lues sur divers articles. Ses recherches sont rigoureuses. Après avoir rencontré son fils, je me dis que cette dame n’est pas de celle qui surévalue son fils. Elle est lucide sur lui et le connaît bien. Mais… mais, le profil ressemble tellement, qu’elle ne voudrait pas passer à côté de quelque chose ! J’émettrai des réserves, mais elle voudra le tester, sinon, cela trottera toujours dans sa tête. Elle paiera donc la somme de  250 euros pour s’entendre dire que son fils a une intelligence très inférieure à la moyenne de la population.

Qu’est-ce qui explique que de plus en plus de personnes pensent être HP ? D’où viennent tous ces HP ? Le sont-ils vraiment?

 

Il faut croire que, dans une société en perte de repère, mettre les êtes humains dans des catégories diagnostiques a quelque chose de rassurant. Qui n’a pas entendu parler, aujourd’hui, de pervers narcissique ou de trouble bipolaire ? L’engouement pour les HP est encore plus intense qu’il est narcissiquement beaucoup plus agréable de justifier des comportements extrêmes par une grande intelligence que par une maladie.

Mais, dès lors que je pose la question à ces prétendus HP : « Avez-vous passé un bilan cognitif ? », j’ai une grande majorité de réponses étonnantes : « Non, les tests ce n’est pas très fiable », « C’est une kinésiologue (variantes : c’est le pédiatre, l’ostéopathe, le médecin de famille, etc.) qui a posé le diagnostic », « C’est l’avis de la maîtresse qui n’a jamais vu un enfant si vif », « Son père l’est, il a toutes les caractéristiques, le fils lui ressemble énormément », « J’ai une copine HP (testée, elle) qui m’a dit que je devais l’être». À chaque fois, les gens ont un tel aplomb dans leurs réponses que, même avec mon bagage de connaissances sur le sujet, je finirais presque par me dire : « Si ça se trouve, c’est vrai ». Je ne vois pas de problème, a priori, lorsque ces personnes sont adultes. Lorsque ce sont des adolescents ou des enfants à qui les parents disent qu’ils sont surdoués, c’est déjà plus inquiétant. Surtout que, en général, ce pseudo-diagnostic intervient quand un enfant a des difficultés, pour justifier ces difficultés. Ils vont grandir avec des parents qui fantasment leurs capacités et attendent d’eux les réussites en conséquence. Cela équivaut, bon an mal an, à demander à un enfant avec une jambe dans le plâtre de réussir un cross. Imaginez-vous dans quel état d’impuissance peut se trouver un tel enfant. On ne vient pas en aide à un enfant en le surestimant, mais en le voyant tel qu’il est avec ses forces et ses faiblesses !

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Les adultes surdoués, le dernier ouvrage de Charlotte Parzyjagla

Secondairement, ces pseudo- diagnostics ont des conséquences fâcheuses sur la prise en charge des vrais enfants précoces à l’école. À ce jour, lorsque j’ai un enseignant ou un directeur d’établissement en ligne au sujet d’un enfant que je suis, dans 90 % des cas, ils ont un ton incrédule ou agacé. La semaine dernière, une enseignante m’a dit « Écoutez, Madame, j’ai neuf enfants précoces dans ma classe, je ne peux pas m’adapter à chacun d’eux ». (Neuf, vous avez dit neuf ?) En clair, les enseignants en ont marre (et on peut les comprendre) de tous ces parents qui viennent dire : «Comprenez… si mon enfant n’écoute pas et ne respecte pas votre autorité, c’est parce qu’il est précoce ».

Cette folie de l’auto-diagnostic touche autant la population néophyte que certains psys. On ne peut pas leur en vouloir à eux non plus, les parents ou adultes croient les pseudo articles sur les surdoués, car ils sont écrits par des gens censés être fiables et les psys sont trop occupés pour aller chercher des infos véritables (dures à trouver, de surcroît) et finissent par croire, ceux qui sont censés mieux connaître le sujet.

J’ai pu voir, à ce titre, des bilans où il est mentionné « Malgré un QI moyen, le profil émotionnel de l’enfant atteste d’une précocité intellectuelle ». Encore une fois, les psys n’en sont pas pour autant incompétents, seulement, souvent le QI total n’est pas pertinent (en raison d’une hétérogénéité) et on peut supputer un HP avec des résultats non conformes à la fameuse mesure de 130. C’est parfois pertinent, dans le cadre d’une comorbidité (autisme, TDAH, anxiété, trouble « dys », dépression, etc.), parfois, ça ne l’est pas. Dans ce genre de cas, la prudence et l’humilité du thérapeute (face à la complexité du sujet) sont de mise, mais il devient difficile, de garder cette droiture-là quand les parents font pression, qu’on a un cabinet en libéral qui est à la merci des commentaires internet, une formation sur les tests de QI largement incomplète dans la plupart des universités et des milliers d’informations erronées qui circulent.

 

Lorsque j’ai démarré mon activité, que j’ai décidé de consacrer aux personnes à HP, j’étais moi aussi pleine d’idées préconçues sur le sujet. Il m’est arrivé, à deux reprises, lors de mes premières consultations, d’observer un enfant et de me dire qu’il correspondait à tous les critères cités des surdoués. J’avais la conviction intérieure de ne pas me tromper et un bilan cognitif montrera le contraire. Ça m’a servi de leçon !

Aujourd’hui, forte de mon expérience avec des « vrais surdoués », je n’ai plus ce genre de conviction. Je dirais même que plus j’avance dans mes observations de la singularité de chacun d’eux, moins j’observe de récurrences en terme de caractère ou ne me sens capable de prédire que tel ou untel est surdoué avant un bilan. Évidemment, lorsqu’un enfant sait lire à 4 ans, qu’un adulte est arrivé major de ses trois cursus universitaires, les doutes sont minces.Mais il arrive, qu’au détours d’un test fait presque par hasard avec un enfant adapté, aux résultats scolaire justes corrects, assez lisse d’apparence (pas de grandes questions métaphysiques, d’anxiété ou de problème de sociabilisation) qu’on découvre un QI qui explose le plafond.

Les capacités cognitives ne font pas toujours autant de bruit qu’on l’imagine ! Autant sur le plan de la réussite que du comportement. Pour ceux qui ne connaîtraient pas l’actualité, 2/3 des surdoués seraient en échec scolaire et la plupart seraient agités, angoissés, etc. Ce paysage d’une enfance inadaptée contraste avec les enfants que je reçois au cabinet, qui, bien qu’étant ici parce qu’ils ont des difficultés, sont rarement en échec scolaire (entendre : redoublement ou arrêt de la scolarité avant le bac). Les seuls qui le sont, ont un autre trouble associé : dyslexie, dysorthographie, TDAH, etc. C’est donc, dans mon cabinet, le trouble ou le cumul des deux qui paraît responsable de l’échec, pas le HP en lui- même.

Dire HP = échec scolaire est faux sous mon toit, mais aussi, et surtout, faux sur le plan scientifique. Il faut se rappeler qu’à l’origine, ce qu’on appelle « surdoué », c’est un individu qui obtient une réussite significativement plus élevée que la majorité de la population à un test de QI.

La question de savoir si ce fameux test mesure bien l’intelligence n’est pas d’à propos ici. Ce que l’on en sait, malgré tout, c’est qu’il est un prédicateur fiable, sur le plan statistique, de la réussite académique. C’est d’ailleurs pour cette seule raison qu’il a été créé. C’est un prédicateur des possibilités de réussite, pas une mesure de la réussite scolaire avérée. On voudrait pouvoir croire que tout est mécanique : si tu as un haut QI, tu vas échouer à l’école parce que tu es inadapté ou réussir, car tu en as les capacités. Si tu as un haut QI, alors tu as une sensibilité à fleur de peau et tu finiras seul ou marié avec un pervers narcissique (beaucoup d’articles relatent que les HP sont des aimants à pervers narcissique). On voudrait pouvoir croire que l’humanité se découpe en deux parties : ceux qui ont un QI jusqu’à 129 et ceux qui ont un QI de 130 ou plus et qui sont, eux, empathiques, hypersensibles, etc. Je ne nie que certains HP, en toute bonne foi, se reconnaissent dans ces caractéristiques et que cela les aide, je dis que cela ne représente pas plus les HP que quelqu’un d’autre.

Prenons un exemple : vous avez une grande empathie. Bonne nouvelle, car si vous n’avez pas d’empathie, vous êtes un sociopathe ! Heureusement, la grande majorité des humains en ont, pas que les surdoués. Les surdoués en ont-ils plus ? On peut imaginer que leurs bonnes compétences cognitives leur permettent d’appréhender de façon plus fine ce que ressent autrui, mais ça ne veut pas dire qu’ils vont le faire ! En l’occurence, au cabinet, je reçois des surdoués très empathiques, d’autres, qui pensent l’être, mais qui sont beaucoup trop autocentrés pour s’intéresser vraiment à autrui, d’autres enfin ne le sont pas plus que ce qu’il faut pour ne pas être un sociopathe.

Alors, parfois, cette empathie peut créer des cas de conscience entêtants, extrêmement douloureux, dont le surdoué a du mal à se distancier. Cela arrive assez souvent pour être honnête. Seulement, ce n’est pas forcément parce que le surdoué est plus empathique que les autres. Cela peut tenir du fait, prouvé celui-là, que la population surdouée serait peut-être un tantinet plus obsessionnelle que la majorité de la population. Autrement dit, ces cas de conscience ne sont pas dus à un surcroît d’empathie, mais à une tendance à la culpabilité, due à des traits obsessionnels. Et cela n’est pas le cas de tous les surdoués. Il n’a jamais été démontré que les surdoués avaient davantage d’empathie, donc cela n’est pas un critère psychologique du surdoué en propre.

 

Prenons l’exemple de l’hypersensibilité. Les surdoués seraient particulièrement hypersensibles. J’en connais qui sont très froids. Oui, oui ! On me rétorquera que c’est une protection ou qu’ils sont peut-être autistes. Je répondrai que je ne connais que très peu de personnes chez qui la froideur n’est pas une protection et que beaucoup d’autistes sont très sensibles.

Sur le plan scientifique, il a été infirmé que les surdoués seraient hypersensibles dans le sens d’une hyperréactivité de la réponse physiologique (augmentation du rythme cardiaque, mains moites, poils qui s’hérissent, etc.,) en situation émotionnelle. Les hypersensibles, eux, le sont significativement !

Cependant, les surdoués seraient davantage que les autres en mesure de se créer une surreprésentation psychologique d’un évènement. Un peu comme un hystérique qui grossit les évènements. Mais chez eux, pas de théâtralisation abusive. Cela est cohérent avec le fait que les surdoués ont un meilleur traitement cognitif des informations. En clair, quand ils manifestent cet aspect de l’hypersensibilité (ce qui n’est pas toujours le cas), c’est souvent parce qu’ils ont une bonne mémoire, une plus grande capacité d’impliquer des détails évocateurs dans une représentation d’une situation qui tout à tout gagne en intensité !

Et enfin, l’idée d’une hyperréactivité des sens chez le surdoué, relayée dans de nombreux ouvrages et articles (problème avec les étiquettes qui grattent, hypersensibilité à la lumière, au bruit, etc.) sont des caractéristiques qui sont propres à l’autisme, pas au haut potentiel.

Quant à cette idée de pensée en arborescence, on ne sait pas ce que cela renferme puisque ce n’est pas un concept aux contours clairement théorisés. Chacun y met ce qu’il veut dedans.

Une autre idée fait fureur, celle de haut potentiel émotionnel. Pour ceux qui ne le saurait pas, ce pseudo concept a été inventé par une psychanalyste auto-diagnostiquée HP qui prétend que tout ceux qui sont agoraphobes sont surdoués et qu’elle peut diagnostiquer des surdoués par téléphone au moyen d’un paiement, parce que, selon ses mots précis : « Le surdoué, ça s’entend au téléphone ».

Cette idée a fait tellement de tapage que je reçois, très souvent, des gens qui me disent : « Je ne sais pas si je suis HP, mais je suis HPE !» Comme il n’existe aucun test fiable pour mesurer le potentiel émotionnel – c’est-à-dire que la notion de HPE n’existe pas plus que le syndrome de Peter Pan-, on est bien malaisé pour les contredire. À des moments comme celui-là, j’ai envie de demander si c’est Mickey ou Minnie qui les a « diagnostiqués ». Mais, je ne le fais pas. Car, il ne faut pas oublier que derrière cette folie du « diagnostic » se cache, au mieux, une grande complaisance envers soi-même, au pire, une vraie souffrance dont on ne peut pas rire.

 

Je ne dis pas que toutes les informations qui circulent frénétiquement autour du sujet sont fausses. Je dis qu’il faut opérer une hiérarchisation de leur pertinence et une clarification conceptuelle des termes employés pour décrire les surdoués, au risque de se noyer dans la désinformation. Certains surdoués pleurent en lisant ces articles/livres, parce que ça fait écho avec force en eux. Et ça leur fait du bien. Cela fait du mal, en revanche, à ceux qui se sont identifiés à ces mêmes livres et qui apprennent qu’ils ne sont pas surdoués.

Et le manque de rigueur de ces informations fait du mal aux surdoués, car ils incitent d’autres personnes, non-surdouées, à s’autodiagnostiquer et à créer un phénomène de mode dont les surdoués deviennent les victimes.

 

Le dernier livre de Charlotte Parzyjagla

 

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De (trop) nombreux élèves « dys » pénalisés pour le bac

Pour cette année 2018-2019, l’inclusion reste une splendide chimère. En témoignent, les difficultés rencontrées par les élèves porteurs de troubles dys à l’heure des examens de fin d’année. 

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Elle s’appelle Léa, c’est une jeune fille en apparence comme les autres. Une jeune fille qui se projette dans les études supérieures, après le bac. Seulement voilà, au moment de l’épreuve du bac, elle devra se passer du logiciel de compensation qu’elle utilise depuis la sixième. Le rectorat refuse en effet de lui en accorder l’autorisation. 

Comme chaque année, les « dys » sont nombreux à se voir refuser les aménagements qui devraient leur être accordés de droit. En outre, certaines académies, non contente de freiner la réussite des jeunes, tardent à livrer leur réponse négative, annihilant les possibilités pour les familles de se retourner. 

Dans un communiqué, la Fédération Française des dys dénonce « des pratiques illégales, injustes et variables d’un rectorat à un autre, qui privent les élèves porteurs de troubles Dys de leurs droits constitutionnels, leur permettant de bénéficier d’un traitement équitable sur tout le territoire. »

Une décision d’autant plus incohérente que les mêmes élèves bénéficient de ces aménagements tout au long de l’année scolaire  dans le cadre des dispositifs adaptés : les Projets Personnalisés de Scolarisation (PPS) et les Plans d’Accompagnement Personnalisé (PAP).

Nonobstant la loi du 11 Février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, selon laquelle tout enfant a le droit d’être scolarisé, ainsi que le projet de loi pour l’école de la confiance de Jean-Michel Blanquer qui annonce un « renforcement de l’école inclusive », les administrations continuent de faire barrage à l’école pour tous. 

« Cette année, par exemple, tous les élèves d’une classe d’ULIS, bénéficiant de projets personnels de scolarisation et d’aides humaines tout au long de l’année scolaire, se sont vu refuser tous les aménagements aux examens. » dénonce encore la FFDys .