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Dans la tête… d’un surdoué

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Jeanne Siaud-Facchin, psychologue clinicienne et psychothérapeute.

Une émission passionnante était diffusée hier soir sur RTS, « Dans la tête… d’un surdoué ».

Vous pourrez y entendre le témoignage d’enfants HP, mais aussi d’adultes, et de professionnels éclairants sur le rapports des HP à la société, à l’école, à l’autre et y voir des expériences édifiantes avec des enfants HP et non HP.

Une intervention très pertinente de Carlos Tinoco sur la relation des HP au temps qui passe, au besoin de sens,  devrait faire écho dans l’esprit des membres de la communauté des « zèbres ». Et bien sûr les explications et les retours d’expériences toujours clairs et passionnants de Jeanne Siaud-Facchin : « on ne va pas chercher un chiffre de QI, on va à la découverte de soi », explique-t-elle en encourageant les parents de HP sujets au doute à oser passer un test!

Même si son point de vue est intéressant, l’intervention de Nicolas Gauvrit concernant la « victimisation » des personnes HP (le « stéréotype » d’élève HP en échec scolaire, malheureux), étude à l’appui, paraît sévère. Il nous semble important de rappeler à quel point de nombreux jeunes et moins jeunes HP souffrent d’un sentiment de malaise, d’une difficulté à trouver leur place à l’école, au travail et dans la société tout entière, et que cela entraine parfois, de manière évidente, décrochage scolaire et professionnel.

La souffrance de certains HP, en particuliers les HP non-identifiés, est indéniable, en témoigne la bouleversante histoire de Véronique qui parle de sa « plaque de Plexiglas », on vous laisse découvrir:

Le reportage en replay ici

 

 

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Ensemble pour les enfants précoces !

Ensemble pour les enfants précoces !

1300 familles s’unissent pour leurs enfants, rejoignez-les maintenant !

    Attention, plus que quelques heures

    Atteignons aujourd’hui l’objectif de 8.000 écoles informées sur l’enfant précoce et son accompagnement !

    Jusqu’à la fin de cette campagne, ce soir à minuit, toutes vos contributions seront entièrement affectées à l’information des enseignants sur la base de 3 nouvelles écoles informées pour 10 euros de contribution. 

    Grâce à vous, nous pouvons déjà informer

    7.363 écoles

    Notre prochain objectif est fixé à

    8.000 écoles

    Participez avant le 9 janvier et nous enverrons notre plaquette d’information sur l’enfant précoce et son accompagnement à l’école de votre choix. Ne tardez pas, le 9 janvier il sera trop tard !

    Je participe maintenant !

    Aujourd’hui, la situation des enfants précoces n’est pas toujours rose, notamment à l’école. Même si certains vont bien, d’autres rencontrent des difficultés, parfois lourdes de conséquences, car leurs besoins spécifiques ne sont pas pris en compte dans leur environnement.

    Harcèlement, ennui, décrochage scolaire sont le lot quotidien de milliers d’enfants chaque année ! En tant qu’adulte, peut-être avez-vous été confronté vous-même à ce genre de problème. Faut-il se résigner à l’accepter ou devons-nous agir pour que cela change ?

    Nous ne pouvons pas nous satisfaire de cette situation. Depuis 2002, Enfants Précoces Info travaille à une meilleure reconnaissance des enfants surdoués et soutient les familles dans leurs difficultés. Aujourd’hui, nous allons en faire plus avec vous pour aider tous les enfants précoces à s’épanouir, à l’école comme à la maison.

    Un objectif vital : l’information et la formation des enseignants !

    Pour faire bouger les choses, nous allons mettre en place un dispositif complet à destination des enseignants et des familles.

    Une plaquette d’information sur l’enfant précoce sera envoyée aux établissements scolaires

    Avec des professionnels compétents, nous allons éditer un document d’une trentaine de pages qui donnera des pistes et des outils pour mieux identifier et prendre en charge les enfants précoces à l’école. Cette plaquette sera envoyée prioritairement aux établissements que vous, contributeurs, aurez choisis puis à 5000 premiers établissements et plus encore si les moyens rassemblés le permettent.

    Le sommaire définitif n’est pas encore arrêté et sera établi dès la présente campagne de financement close, en partenariat avec les contributeurs et des experts. Y figureront cependant, entre autres, les points suivants :

    • L’identification des enfants précoces,
    • Les différents profils d’enfants surdoués,
    • Les troubles associés potentiels,
    • L’enfant précoce qui va mal, mais aussi celui qui va bien,
    • Comment satisfaire les besoins d’un enfant précoce,
    • Comment inclure l’enfant précoce dans la classe,
    • Ressources externes (adresses, professionnels, liens…),

    En outre, chaque page de la plaquette renverra le lecteur vers du contenu complémentaire sur Enfants Précoces Info pour approfondir le sujet. Ce document sera aussi rendu disponible en ligne, sous format électronique et imprimable. Nous donnerons la possibilité à ceux qui le souhaitent, parents ou enseignants de commander à tout moment sur le site des exemplaires papier supplémentaires de la plaquette.

    Soutenez notre projet maintenant et, si vous le souhaitez, nous informerons l’école de votre enfant !

    Nous enverrons à l’établissement de votre choix un exemplaire de notre plaquette d’information d’une trentaine de pages sur l’enfant précoce, son identification et ses besoins particulliers, complétées par des conseils très pratiques et concrets à l’attention des enseignants. Si vous préférez, nous vous ferons parvenir la documentation pour que vous puissiez la remettre en main propre à l’enseignant de votre enfant. Nous vous laisserons le choix de la méthode.

    C’est une occasion unique de toucher directement l’école de votre enfant, ne la laissez pas passer, dans quelques jours il sera trop tard !

    Je participe maintenant

    Un espace de formation et d’échange pour les enseignants sera mis en place sur Enfants Précoces Info

    Les enseignants de bonne volonté se sentent parfois sincèrement dépourvus face aux besoins d’un enfant précoce ou aux demandes des familles. Les pages de la plaquette renverront sur un espace dédié du site Enfants Précoces Info pour leur permettre d’évoluer dans leurs pratiques éducatives, de trouver des réponses à leurs interrogations, d’échanger leurs expériences avec des collègues impliqués dans la même démarche.

    Un annuaire des écoles sera mis à votre disposition

    Trouver une école adaptée aux besoins de son enfant, avec une équipe éducative bienveillante et à l’écoute n’est pas toujours facile. Nous publierons un annuaire des écoles pour vous permettre de trouver, près de chez vous, l’établissement qui pourra répondre à vos attentes, grâce aux avis motivés des lecteurs d’Enfants Précoces Info. Nous souhaitons aussi que cet annuaire incite chaque établissement à progresser vers une meilleure prise en compte des enfants précoces.

    Des experts répondront aux questions des enseignants et des familles

    Nous donnerons la parole à des experts reconnus dans leur domaine : psychologues, médecins, spécialistes de l’éducation… Vous pourrez leur poser vos questions et leurs réponses seront publiées à l’attention de tous les visiteurs d’Enfants Précoces Info. Ainsi, nous constituerons peu à peu une base de connaissance pointue et efficace sur toutes les questions qui touchent au haut potentiel intellectuel et à l’enfant précoce.

    La publication régulière d’articles de fond favorisera une meilleure information

    L’information autour du haut potentiel intellectuel est indispensable si l’on veut permettre qu’un plus grand nombre d’enfants précoces soient reconnus et pris en compte comme ils le méritent. Avec votre soutien, nous allons pouvoir multiplier la publication d’articles rigoureux et documentés tels que ceux-ci :

    Un annuaire des professionnels sera mis en ligne

    Quand une difficulté apparaît, que vous avez besoin d’aide, vous ne savez pas toujours vers qui vous tourner près de chez vous.  Nous metrons en place un annuaire répertoriant les professionnels compétents : psychologues bien évidemment, mais aussi auxilliaires de santé, graphothérapeutes, psychomotriciens… 

    Un espace sécurisé pour vos enfants et adolescents verra le jour sur Enfants Précoces Info

    Nos enfants et adolescents ont aussi besoin de s’informer et d’échanger, de partager leurs passions avec des jeunes qui leur ressemblent. Nous allons mettre en place un espace sécurisé et modéré qui leur sera dédié sur Enfants Précoces Info.

    Des rencontres et des événements pour les familles seront organisés

    Les rencontres conviviales sont généralement très appréciées et bénéfiques, tant pour les parents que pour les plus jeunes, car elles permettent d’échanger en toute franchise des expériences utiles. Nous allons multiplier l’organisation de rencontres familiales entre vous mais aussi venir à votre rencontre.

    Avec ce dispositif complet, nous allons tous ensemble faire avancer la cause des enfants précoces. Agissez à nos côtés maintenant !

    école inclusive, Recherche

    La neuroéducation, un concept à prendre avec prudence

     

    artificial-intelligence-3382507__340Notre site portant le nom  «  L’école de la Neurodiversité» , nous avons plusieurs fois été assimilés à des fanatiques de la neuroéducation. Or la neuroéducation est pour nous totalement différente du mouvement de la « Neurodiversité », et nous nous en méfions à certains égards. Un rappel sur ces deux notions et sur la prudence à adopter vis à vis de la « neuro-éducation » nous a semblé indispensable.

    Qu’appelle-t-on  neurodiversité ?

    L’origine du terme de neurodiversité   a été attribuée  au journaliste Harvey Blune et à la militante de la défense de l’autisme Judy Singer dans les années 90. Il désigne la diversité des intelligences et aussi le militantisme en faveur de la reconnaissance de cette diversité.

    Qu’appelle-t-on la neuroéducation ?

    La neuroéducation est une approche de l’éducation basée sur les découvertes de neuroscientifiques concernant les mécanismes cérébraux humains. Ceux-ci analysent, notamment par imageries cérébrales, le fonctionnement du cerveau lors de la réalisation de tâches cognitives, et la neuroéducation consiste à utiliser ces découvertes pour concevoir des méthodes pédagogiques plus élaborées.

    Phénomène surmédiatisé, la neuroéducation semble proposer des pistes de travail intéressantes. Cependant, peu d’entre elles ont prouvé leur efficacité, et elle semble laisser peu de place à la diversité des profils cognitifs.

    Aussi, peut-on lire dans les articles traitants de neuroéducation, que devant deux rangées de jetons de même nombre mais plus ou moins écartés dans chaque rangée, l’enfant considère, avant 7 ans qu’il y a « plus de jetons là où c’est plus long ». Puisque l’IRM l’a démontré, l’enfant considère que la longueur est égale au nombre. Nous nous sommes autorisés à expérimenter sur quelques enfants cette vérité. Le résultat est édifiant: avant 7 ans, les quelques enfants « testés » faisaient bien la distinction entre nombre et longueur.

    Que sont alors ces enfants? Sont-ils humains? Ont-ils droit à une éducation?

    Les neurosciences nous apportent aussi des « vérités » concernant la mémoire à court terme : Il suffirait de répéter les informations plusieurs fois pour qu’elles s’impriment. C’est vrai que personne n’a jamais essayé.

    Réactiver la mémoire, rappeler une information au bout de 24 heures permettrait de s’en souvenir  dans sa globalité (75%) pendant une semaine. La réactiver au bout d’une semaine permettra de s’en souvenir pendant un mois, la réactiver au bout d’un mois permet de s’en souvenir dans sa globalité (75%) pendant 6 mois. Quelle précision! Comment expliquer alors qu’Ilan mémorise de nombreuses répliques d’Harry Potter après 2 vues, et que Margaut ne mémorise pas cette règle de grammaire qu’elle a entendue tant de fois à plusieurs semaines d’intervalle?

    Appuyée sur les neurosciences, la Neuroéducation se positionne comme une science exacte, qui attribuerait à des aires cérébrales des fonctions en particulier, qu’il suffirait de stimuler pour obtenir des résultats. Or, des récents travaux de Neuroscientifiques (on peut citer notamment Hugues Duffau, neurochirurgien qui opère le cerveau de ses patients éveillés) ont mis à jour un modèle connexionniste du cerveau, mettant fin aux illusions « localisationniste » et à l’idée selon laquelle tous les cerveaux seraient conçus selon un modèle identique.

    Les conclusions en « neuroéducation » proviennent d’IRM, qui permettent d’établir de nouvelles normes, sans doutes plus proche de la réalité et des compétences d’un certain nombre d’élèves. Mais, in fine, ils contribuent à créer de nouvelles exigences, une nouvelle normalité, en laissant toujours sur le bord de la route les « atypiques », ceux qui ont eu la mauvaise idée d’avoir un fonctionnement cognitif différent des « normes en vigueur ». L’étude des profils différents, les élèves dyslexiques par exemple, reste anecdotique et peu d’outils efficaces en la matière émanent des neurosciences.

    Ainsi, si certaines découvertes s’avèrent passionnantes, elles ne pourront avoir une réelle efficacité sans les apports de la psychologie cognitive, de la sociologie, et bien entendu sans l’omniprésence du concept de neurodiversité. Les neurosciences devraient être utilisées en priorité afin d’oeuvrer en faveur de l’inclusion scolaire, et non de servir la vision neurocentrée de l’école « neurotypique ».

    J.S.

     

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    « Dans le milieu du travail, les autistes sont devenus des salariés recherchés par les entreprises » une interview de Hugo Horiot dans La Télégramme

    Hugo Horiot, qui sera en dédicace à la librairie Dialogues à Brest ce vendredi, a répondu à cette occasion aux question du Télégramme. L’occasion d’insister, dans la continuité de son livre, sur l’avenir des intelligences atypiques, en particulier dans le monde du travail:

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    « Dans le milieu du travail, les autistes sont devenus des salariés recherchés par les entreprises, parce que l’on est passé d’une économie industrielle à une économie digitale. Ce n’est pas pour faire du social qu

    e les entreprises font ça, c’est pour augmenter leur performance, leur créativité. L’informatique est pour les autistes ce qu’est le langage des signes pour les sourds. Les compétences sociales ne sont plus l’atout principal qui vous permet d’évoluer dans la société. Deux autistes échangent de l’information brute, les autres salariés se jaugent, tronquent l’information en fonction de la personne qu’ils ont devant eux, subalterne ou supérieur hiérarchique. »

    Lire l’article sur le site du Télégramme

     

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    « Pognon de dingue »: Hugo Horiot interpelle Macron à propos des institutions

    Unknown-1Si la toile s’est enflammée à la suite des indécentes déclarations macroniennes quant aux aides sociales, Hugo Horiot en a profité pour rappeler au Président de la République ses médiocres compétences de gestionnaire, en particulier le « pognon de dingue » dépensé, lui aussi, en institutions inutiles, « pognon » qui devrait être utilisé pour l’inclusion scolaire de tous les enfants.

    Pour un rappel concernant la desinstitutionnalisation, vous pouvez relire nos deux derniers articles consacrés à l’inclusion scolaire en Italie:

    L’Italie, pionnière de la desinstitutionnalisation

    école inclusive: ce que nous apprend l’Italie

    Ci dessous le post de Hugo sur sa page Facebook:

    « On met un pognon de dingue et les gens ne s’en sortent pas… je suis d’accord avec Emmanuel Macron !

    On met un pognon de dingue dans des centres dont des enfants, doués d’infiniment plus de compétences sociales que je n’en avais à leur âge et pourtant déscolarisés, ne sortent pas !

    On met un pognon de dingue dans les hôpitaux de jour ou ceux qui devraient être sujets de droits deviennent objets de soins et ne s’en sortent pas.

    On met un pognon de dingue dans des associations gestionnaires du médico-social dont les personnes mais également les publications annuelles de comptes, ne sortent pas.

    Et vu qu’on ne s’en sort pas, on met un pognon de dingue pour envoyer en Belgique ceux pour lesquels il n’y a pas de place derrière les murs de nos institutions.

    Si tout ce pognon de dingue était transféré vers l’Éducation Nationale pour lui permettre de se réformer et de se former à la diversité cognitive du genre humain, beaucoup d’entre nous s’en sortiraient mieux !

    #Autisme #7milliards « 

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    L’ITALIE, PIONIERE DE LA DESINSTITUTIONNALISATION

    La vigilance quant à la ségrégation des personnes en situation de handicap est une préoccupation majeure en Italie. 

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    Au début des années 70, l’Italie connait un important mouvement de désinstitutionnalisation, largement impulsé par le professeur Bastaglia de Trieste, figure de proue du mouvement anti-psychiatrique. Un raz-de-marée qui  aboutit à l’adoption de la loi 180 du 13 mai 1978, qui prévoit la fermeture de tous les hôpitaux psychiatriques. Au delà de la législation, c’est un véritablement renouvellement idéologique qui est enclenché: l’individu en situation de handicap n’est plus considéré au regard de ses carences, mais l’on fait prévaloir ses ressources et ses compétences sociales:  « Les personnes ne doivent plus être considérées comme des usagers passifs bénéficiaires de services sanitaires et sociaux, mais comme des individus actifs, membres de leur communauté, titulaires de droits et participant à la définition des conditions de leur prise en charge ».

    Le mouvement conduit à l’adoption de la loi 517 de 1977 qui impose dans les faits l’intégration scolaire, et, par conséquent, la fermeture des classes différenciées et des écoles spécialisées. Les professionnels interviendront donc en tant qu’enseignants spécialisés en soutien au milieu ordinaire. Depuis 1987, le droit à l’intégration pour chaque enfant est reconnu de la crèche jusqu’au lycée. L’implication des établissements et des collectivités dans le processus d’intégration des élèves en situation de handicap est aussi un facteur de réussite majeur.

    Cette desinstitutionnalisation va concerner la sphère scolaire, mais va aussi entrainer le déclin des formes ségrégatives de travail protégé, jugées trop « occupationnelles », ne conférant ni relations de travail ni rémunération (elles seront remplacées par d’autres structures plus inclusives comme les « coopératives sociales »). L’Etat substitue aux grandes institutions des formules de maintien à domicile, mais aussi des  « communautés de logement », « maisons familiales », services résidentiels, permanents ou temporaires, intégrés dans les centres habités.

                                                                                                                                  EDLN-JS- Mai 2018

    Source: LA COMPENSATION DU HANDICAP EN ITALIE, rapport n° 2003 056 présenté par M. Patrick SEGAL, en collaboration avec M. Gautier MAIGNE, membres de l’Inspection générale des affaires sociales.

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    Ecole inclusive: Ce que nous apprend l’Italie (Entretien avec Olivier Paolini)

    Enseignant spécialisé, président de l’Inclusion En Marche, spécialiste des questions liées à l’enseignement spécialisé, Olivier Paolini participe à un programme d’observation des pratiques éducatives. Nous l’avons interrogé à son retour d’Italie, un pays où scolarisation rime avec intégration sociale, où professionnels et familles ont pris en considération la nocivité de la ségrégation des personnes en situation de handicap.

    FOCUS: L’Italie, pionnière de la desinstitutionnalisation

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    EDLN: Olivier Paolini, depuis combien de temps enseignez-vous auprès d’élèves en situation de handicap? 

    J’ai presque toujours travaillé dans l’enseignement spécialisé. J’ai travaillé en CLIS  pendant 3 ans, et j’ai ensuite demandé à exercer en IME car j’avais vraiment envie de savoir ce qu’était enseigner face à un public d’élèves en situation de handicap. Je travaille donc depuis 15 ans avec un public d’enfants autistes, polyhandicapés, déficients…

    EDLN: Avez-vous rencontré des difficultés particulières au cours de votre carrière? 

    Au sein de l’IME, nous ne sommes que 2 enseignants pour 75 enfants! Parmi ceux-ci,  tous ne sont pas scolarisés, et ceux qui le sont ne le sont pas encore assez. Nous nous efforçons d’améliorer la situation de ces enfants, mais les choses évoluent peu.

    Ce qui est choquant, c’est que le système est cloisonné, les enfants qui entrent dans ces établissements à 5 ans et en sortent à 20 ans. Celui qui n’est pas dans la norme est exclu du groupe. Pourtant, les familles et les enseignants se mobilisent, et la loi est de leur côté.  C’est un combat difficile que d’essayer de leur offrir d’autres perspectives.

    J’essaie de montrer à quel point l’inclusion est importante et de mettre en place des dispositifs de « scolarisation partagée », j’arrive à le mettre en place pour 5 ou 6 élèves par an, c’est trop peu,  mais les contraintes administratives et logistiques sont très lourdes.

    EDLN: C’est ce constat qui a motivé votre engagement politique et associatif?

    Tout à fait. Je suis devenu président de l’OCCE de l’Aude, au sein duquel j’impulse des projets pédagogiques visant à l’inclusion au sein d’un chantier de réflexion national. Au sein de ce chantier, « handicap, inclusion et coopération », nous avons également coordonné le numéro de mai 2018 de la revue A et E  « Coopérer et inclure ».

    Me reconnaissant dans les propositions d’Emmanuel Macron en matière d’inclusion, j’ai de ce fait prolongé mon combat en politique  au sein de L’Inclusion En Marche!. La société doit évoluer, l’Etat devrait prendre davantage en charge les élèves en situation de handicap. Pour l’anecdote, mes élèves ne sont même pas inscrits sur les listes de l’Education Nationale. Choisir la politique pour militer en faveur de la justice pour les personnes atteintes de handicap m’a semblé évident.

    EDLN: Vous avez observé le système éducatif en Italie, avez-vous constaté des différences concernant la pédagogie inclusive?

    Je suis allé en Italie dans le cadre du projet Erasmus: « cap sur l’école inclusive en Europe». Sur 3 années, 30 enseignants de 7 pays européens sont chargés d’observer les systèmes éducatifs et créer des modules de formation à destination des enseignants ordinaires qui aboutiront en 2019.

    En Italie, c’est toute la philosophie pédagogique qui est différente.  Les ULIS, les IME n’existent pas. Tous les élèves sont dans les classes ordinaires, y compris autistes dits «sévères ». En revanche, l’accompagnement de ces élèves est plus fort: dès lors qu’il y a un élève atypique dans la classe, on y affecte un enseignant de soutien. Si l’élève est porteur d’un handicap « lourd », un éducateur vient soutenir l’enseignant. Des dispositifs innovants sont aussi proposés, comme par exemple cette école maternelle d’avant-garde qui proposait un travail en open space, sans classe.

    Accueillir les élèves en situation de handicap est une évidence. D’ailleurs, les enseignants italiens sont stupéfaits de l’exclusion des élèves handicapés qui a lieu chez nous.

    EDLN: Quelles inspirations pédagogiques pourraient être utiles aux élèves et aux enseignants français?

    On peut aussi considérer 4 point essentiels de l’école inclusive:

    • L’aménagement espace et du temps: des espaces de travail en particulier pour les élèves handicapés: espaces clairs et   fonctionnels, pictogrammes,  structuration du temps.
    • Un regard positif sur les élèves: bien souvent, en France, on se focalise sur ce que l’élève ne sait pas faire. En Italie, les enfants sont valorisés dès tout petits, quelles que soient leurs différences. Si on encourage l’enfant dès le plus jeune âge en valorisant ses compétences, on encourage une meilleure estime de soi, un climat favorable aux apprentissages. Le regard de l’adulte sur l’enfant est primordial.
    • La didactique inclusive: les supports, manuels sont pensés d’une manière inclusive. Là bas, pour la même leçon, il y aura des supports différents adaptés aux différentes difficultés. Aussi, quelque soit son handicap, l’enfant parvient rapidement à faire son travail. En Italie, l’enseignement est à la base inclusif, tandis que chez nous on pratique a posteriori des aménagements de différentiation.
    • Le travail en équipe des adultes : les enseignants travaillent ensemble programment ensemble les activités, ils sont apaisés dans leurs préparations.

    (NDLR: les effectifs sont aussi à prendre en compte:  Selon l’OCDE, l’Italie compte en moyenne un enseignant pour 12 élèves en 2015, contre 1 pour 19 en France!)

    EDLN: Les résultats sont-ils probants?

    Oui, je suis convaincu que  l’inclusion est bénéfique aux élèves en situation de handicap. Par exemple, j’ai pu constater par moi-même qu’il y avait chez les autistes comme chez tous les enfants des phénomènes d’imitation: si un enfant se tape la tête contre les murs, d’autres vont l’imiter. En Italie, on constate qu’un enfant autiste imitera les bons comportements.

    Mais l’inclusion  est aussi complètement bénéfique pour les autres. Par exemple, cela leur permet d’apprendre l’empathie, cela  les responsabilise. Quand les élèves ont un problème à régler entre eux, ils ne vont pas se plaindre à l’enseignant, ils s’auto-régulent.

    EDLN: Comment financer cette pédagogie plus inclusive?

    L’éducation se fait par l’Education Nationale. Les fonds auparavant alloués aux associations gestionnaires ont été transférés à l’Education Nationale, ce qui a permis de financer le recrutement d’enseignants spécialisés.

    EDLN: En France, nous mettons en place des processus de différentiation, quels éléments rendent l’enseignement transalpin plus « inclusif »   ? 

    En France, nous proposons un enseignement identique pour tous et faisons de la différenciation pédagogique à la marge. L’adaptation individuelle et quotidienne des supports représente une charge de travail trop importante pour les enseignants. La différence, c’est que les enseignants italiens pensent l’enseignement d’une manière inclusive en amont de toute proposition d’apprentissage.

     

    Juliette SPERANZA- L’école de la Neurodiversité- Avril 2018

     

    Pour aller plus loin: 

    http://www.ecoleinclusiveeurope.eu/fr

    http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/044000135.pdf

    http://www.ciep.fr/sites/default/files/migration/dossierdoc/docs/synthese-documentaire-scolarisation-eleves-situation-handicap-en-europe.pdf