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Hugo Horiot: « je ne souhaite pas participer au plan autisme 4 »

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         Il m’a été proposé de participer au #PlanAutisme4. J’ai décliné cette offre parce que je ne souhaite pas m’inscrire dans cette vision selon laquelle il faudrait corriger et traiter l’autiste plutôt que de l’aider à s’émanciper en tant que citoyen libre, c’est à dire en tant que sujet de droits et non objet de soins.

Je suis #autiste. On parle souvent d’autistes de «haut niveau» ou de «bas niveau.» A votre avis, on me range dans quelle catégorie ? Haut niveau ? Dans mon enfance, sans doutes aurais-je été classifié de «bas niveau.» J’avais beau savoir lire, écrire et compter avant de parler, ça n’empêchait pas l’équipe pédagogique de mon école primaire de me surnommer affectueusement «le cerveau lent». Le fait d’être mutique et incapable de croiser le moindre regard, de me balancer ou d’agiter mes mains, ou encore de tourner des roues pour me rassurer, semblaient des raisons suffisantes de m’interner en hôpital psychiatrique, loin de l’école et donc, de mes droits fondamentaux. Quand j’ai été capable de feindre à force d’observation, d’analyse et d’imitation de mes contemporains, j’ai ensuite caché, de mes 15 à 30 ans, tout ce qui était lié à l’autisme pour ne plus être stigmatisé. Puis, las de me terrer, de me cacher et de baisser la tête, je suis revenu sur cette période dans mes livres. Finalement, on dit de moi que je suis un autiste de «haut niveau» depuis que j’ai publié un best-seller.

L’opposition permanente entre autistes dits « sévères ou de bas niveau » ou autistes dits «légers ou de haut niveau» est brandie en étendard par les lobbies entendant régenter la parole autistique. C’est inacceptable et cela va à l’encontre des intérêts et de l’avenir de l’ensemble des membres du spectre de l’autisme. Qui irait marquer une telle distinction chez, par exemple, les trisomiques, les surdoués, les dyslexiques… En revanche, combien de fois entend-t-on «faux autistes», «pas assez autistes» pour parler d’autisme, «imposteurs» ?

L’#autisme est une minorité, une population. Au sein de cette population comme au sein de la population générale, il y a des personnes plus au moins intelligentes, des personnes plus ou moins limitées et quelques génies. Certaines ont des «troubles associés», d’autres non. Si on sort du paradigme dominant pour évaluer l’intelligence d’un individu, il s’avère que les autistes capables de s’exprimer ne sont pas obligatoirement les plus intelligents. En revanche, dans certains domaines, des autistes mutiques ou très peu verbaux peuvent être doués de compétences largement supérieures à la moyenne… Certaines multinationales, grands groupes ou compagnies l’ont déjà compris car ils savent à quel point s’entourer des personnes qui pensent, voient et agissent différemment peut augmenter leurs performances et élargir les horizons.

L’autisme est systématiquement appréhendé comme un ensemble de défauts. Les qualités indéniables qu’il peut présenter ne sont jamais abordées, très peu reconnues et mises en avant alors qu’elles devraient constituer la base d’une société inclusive, pour être développées le plus tôt possible, ce qui valoriserait le sujet et profiterait à l’ensemble de la société.

Hugo Horiot

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