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Camille, 4 ans, suspicion de haut potentiel, indésirable à l’école

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Nous avons rencontré Julie, maman de Camille,  4 ans, qui présente toutes les caractéristiques d’une enfant à haut potentiel. Le tempérament de Camille laissant les enseignants perplexes, ceux-ci suggèrent à ses parents de se tourner vers un établissement spécialisé. Aucun psychologue scolaire n’est venu observer l’enfant. Un témoignage qui prouve les limites de la rigidité des niveaux scolaires, de la solitude des parents d’enfants atypiques, du défaut de formation des enseignants et du refus de l’Education Nationale de s’adapter à la diversité des intelligences et des rythmes d’apprentissage des enfants.
EDLN: Votre fille présentait un profil atypique dès son entrée en classe? Lequel?
Oui. Dès 2 ans et demi, ma fille voulait lire. Elle était capable de reconstituer plusieurs puzzle de 15 pièces dont les pièces avaient été mélangées. Son langage d’adulte et son envie permanente de faire « des choses de grands » étaient assez impressionnants.
 
EDLN: Cela induit-il des perturbations en classe (comportement)?
Enormément. Elle répond à la maîtresse, qui se retrouve bouche bée face à ses réflexions. Ce matin encore, la maitresse m’a dit que « le carnet de comportement allait être rouge et elle a de la chance qu’on s’arrête au rouge ».
 
EDLN: Comment les enseignant ont-ils accueilli l’hypothèse de la précocité de votre enfant?  Vous semblaient-ils formés pour appréhender cette différence?
Ils sont perdus. Ils voient bien qu’il y a quelque chose d’anormal. Mais quand je demande des adresses de psy, on me redirige vers mon médecin. De plus, sa classe est à double niveau et ils ont décidé de la mettre avec les moyens plutôt qu’avec les grands. Elle s’ennuie et devient ingérable. On m’explique que c’est ma fille et que c’est à moi de « mieux la maitriser » .
 
EDLN: Avez vous eu des aides, des relais au sein de l’éducation nationale?
Pour l’instant aucune. Le directeur m’a même dit de ne pas alimenter la curiosité de ma fille et de la laisser faire des choses de son âge. Mais pour ma fille, les coloriages et les gommettes, c’était cool jusqu’à 2 ans, mais maintenant c’est la lecture, les maths, la géo ou l’anglais qui l’éclatent…
 
EDLN: Quel rapport votre fille entretenait elle avec l’école? aimait-elle y aller?
Elle aime y aller par phase. Quand elle n’a plus envie de faire des efforts, elle le fait payer à la maitresse.  Elle aime le lieu et certaines activités mais son discours est généralement « maman je m’ennuie et ma maîtresse et les autres enfants sont bêtes ». Je suis persuadée qu’un saut de classe résoudrait le problème.
EDLN: quels outils de « différentiation »  ou autre dispositif les enseignants ont-ils proposés?
Pour l’instant, aucun. On a fait un rapport ignoble sur ma puce et ses crises de colère, sur son besoin d avoir un adulte tout le temps avec elle. Mais quand le directeur m’a dit vouloir monter un dossier « handicap » qui pourrait la faire admettre dans un établissement spécialisé, ça a été le choc.  Je lui ai dit d’oublier, que je me refuse à voir le fait de faire des soustractions ou parler de politique à 4 ans comme un handicap.
 
EDLN. Quel est votre ressenti par rapport  à l’éducation nationale et au traitement réservé à votre enfant?
Je suis déçue et un peu perdue. J’ai le sentiment qu’ils veulent se décharger du problème. Rien n’a été mis en place, la psychologue scolaire m’a dit ne pas se déplacer en maternelle. Le directeur nous explique que personne ne sait faire avec Camille, et que si on ne trouve pas de façon de la faire rentrer dans le rang (SIC), il faudrait faire ce dossier pour l’envoyer dans un établissement spécialisé. Depuis, je suis dans une colère noire.
 
EDLN:  quel avenir envisagez vous aujourd’hui, avez vous songé à la changer d’école? 
Ma décision est prise à 90 %, je pense la changer d’école.  Ma fille est impatiente et aimerait changer tout de suite.
L’école de la Neurodiversité- Décembre 2017

2 réflexions au sujet de “Camille, 4 ans, suspicion de haut potentiel, indésirable à l’école”

  1. Je peux comprendre le désarroi de cette maman. Mais il est vrai que les enseignants ne sont pas assez formés pour aider les enfants avec des particularités. Lors d’un stage en licence, j’ai demandé comment repérer un élève en difficulté, la réponse : « ça s’apprend avec l’expérience ». Merci et en attendant que deviennent ceux que je n’aurais pas pu aider ?
    Autre exemple, une connaissance accueille dans sa classe un enfant roumain mais aucune aide, enfin on lui propose d’aller chercher un document à 2h30 de route alors qu’il aurait été relativement simple de le déplacer à l’inspection.
    Malheureusement dans ces cas, les enseignants tâtonnent et n’en savent pas forcément plus que les parents. Il faut essayer de se rapprocher d’associations si on a des doutes pour qu’elles dirigent les parents vers des professionnels qui pourront faire un diagnostique.

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  2. Est ce être à haut potentiel, ou simplement être avide d’apprendre et vouloir aller de l’avant. Chaque être humain est différent, alors pourquoi, vouloir imposer dès tout petit (la crèche) un moule. Pas dans le moule, alors l’on essaye de te « casser » pour que tu y rentres. Où est le respect de l’humain dans tout çà. Est-ce un vrai « haut potentiel » que de s’intéresser à la lecture à 2,5ans ou être ouvert à son environnement?

    Aimé par 1 personne

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