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« Non, ce ne sont pas les différences qui créent l’échec scolaire »

Lors de la conférence nationale du handicap du 11 Février 2020, Le président Macron déclarait: “Il y a toutes les différences qui créent de l’échec scolaire si elles ne sont pas repérées, diagnostiquées accompagnés : les dyslexies, dyspraxies, (…) ces forfaits seront ouverts à tous les DYS”.

Comment vous expliquer, cher Président. Vous avez sans doute entendu parler, enfin, je l’espère du « modèle social du handicap »: la situation de handicap serait la résultante de l’interaction d’un individu avec un environnement particulier, inadapté. L’échec scolaire est une production sociale, au même titre que le handicap. C’est bien le système que vous laissez prospérer sous votre mandat qui produit, en masse, l’échec scolaire, et non les différences de nos enfants, qu’ils soient trop « différents » « dys » trop « Tdah », trop « autistes », trop « sourds » ou, comble institutionnel, trop « hauts potentiels ». Vous évoquiez, dans votre discours les « forces » et les « faiblesses » des personnes en situation de handicap, mais à quel moment l’institution dirigée par votre ministre Blanquer permet-elle à ces « forces » de s’exprimer?

Le système scolaire devrait, en tant que service public, s’adapter à la neurodiversité afin que chacun puisse s’épanouir et apprendre dans des conditions dignes. Le module « handicap » que vous proposez d’intégrer pour la formation des futurs enseignants devra comporter une vraie réflexion sur la posture de l’enseignant face à la diversité de ses élèves, et pas uniquement comporter quelques astuces pour gérer le situation de handicap en classe.  Pourquoi s’arrêter sur les mots, me direz-vous, alors que l’intention semble charitable? Justement, peut-être, parce que cette politique éducative adopte une posture à la fois ségrégative et charitable. Et parce que les mots sont importants. Tant que vous n’aurez pas compris et accepté l’égalité cognitive de tous les citoyens, l’inclusion restera une chimère.

 

 

 

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Les élèves du « Carré Libre » sommés par le rectorat de quitter leur école

Le triste feuilleton académique tenait en haleine le monde de l’éducation alternative. Cinq jours après leur troisième inspection annuelle, le rectorat a envoyé à une trentaine de familles des mises en demeure afin qu’ils inscrivent sous 15 jours leur enfant dans un nouvel établissement.

Une inspection fatale

Selon le rectorat, « Le Carré Libre » ne respectait pas les règles pédagogiques et son enseignement « ne permet pas d’acquérir à 16 ans les compétences du socle commun de connaissances, de compétences et de culture. »  (Source: FR3 Régions). Seuls les enfants de plus de 16 ans, n’étant plus soumis à l’obligation d’instruction, ont échappé à ces mises en demeure.

Les apprentissages informels, terre inconnue pour l’Education Nationale

D’après la vidéo ci-dessous et les témoignages des familles, l’école démocratique est une école plus respecteuse des appétences naturelles des enfants que les écoles « ordinaires ».  Elle s’est avérée une alternative à des cursus parsemés de difficultés, de harcèlement, de phobie scolaire.

Il est désolant que les pédagogies  qui reposent sur la liberté et  l’apprentissage informel ne parviennent à convaincre l’institution. En effet, parce qu’elles permettent à l’enfant de s’épanouir en cohérence avec lui-même et son propre rythme, elles menacent le contrôle de l’Education Nationale sur l’organisation sociale,  sur l’avenir de nos enfants, ainsi que sur le processus d’uniformisation qui est, plus que jamais,  en marche.

Pendant ce temps, la violence psychologique et physique prospère.

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Parution de « La neurodiversité, plaidoyer pour la reconnaissance de la diversité humaine et pour son avenir »

Dans la lignée de l’ouvrage éponyme publié avec Josef Schovanec, Steve Silberman, Bianca Nugent ou encore Joël Monzee, Mélanie Ouimet a proposé à Charlotte Parzyjagla, Juliette Speranza et Hugo Horiot de participer à un nouvel opus, publié en exclusivité au Canada. Mais il est possible de le commander en France ici ! Pour ceux qui seront présents à la Fête de la neurodiversité, ils pourront se le faire dédicacer par les trois auteurs français!  Bonne lecture!!

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La neurodiversité c’est complexe ! Tant mieux ! 

Un lundi après-midi de mai, nous sommes assis dans le petit carré d’herbe de l’école, à l’ombre de deux arbres fruitiers. Ces 5 enfants aux profils cognitifs très divers, ce qui leur a valu un échec au test de QI, sont soudainement plus calmes et plus réceptifs qu’entre les quatre murs de la classe d’ULIS que je coordonne. Nous observons la nature, et débattons de la différence. Voici un pêle-mêle de leurs pensées :

« – C’est comme les fleurs, il y en a une qui est ouverte et pas l’autre. Et là il y a un arbre grand et un  petit, même les abeilles elles sont pas pareilles. 

-Les éclairs dans le ciel c’est pas les mêmes.

– Et il n’y a pas deux herbes pareilles quand tu regardes, tu vois elle, elle est presque jaune et elle elle est verte avec des trous.

-Les feuilles, t’as vu ? Elles se ressemblent mais en fait c’est pas les mêmes. 

-Oui mais deux voitures c’est pareil. 

– Même nos cahiers,  c’est pareil pour tout le monde le cahier de liaison.

– C’est des objets ça, c’est pas la nature ! C’est les usines qui fabriquent les objets toujours pareils. Les plantes c’est l’eau et le soleil, ben c’est la nature tu sais bien !

Moi : Et les êtres humains ?

– Les humains, c’est la nature.

– Oui ben les jumeaux c’est pareil comme K et L dans ma classe.

– Non c’est pas les mêmes, elles ont les mêmes habits mais c’est pas le même caractère.

– En plus elles bougent pas pareil, par exemple elles lèvent pas toutes les deux la main.

Moi : Et quand on apprend ? On est pareil ? 

– Ben , M. il a des problèmes avec les maths, ben moi j’ai des problèmes à lire.

– Nous on est des ULIS aussi, c’est pas pareil que les autres !

– Ben en ULIS, c’est quand t’as pas la même vitesse pour apprendre.

Moi : Dans le corps, qu’est ce qui nous permet d’apprendre ? 

– C’est dans la tête !

– Oui les yeux quand même, faut bien regarder ! 

– Non c’est le cerveau. Aussi tes mains sinon tu peux pas écrire.

– Ben toi maîtresse en ULIS tu nous aides avec notre cerveau parce qu’il est moins bien.

– moi : Non, c’est pas moins bien, c’est différent. »

La nature ne fabrique rien de  «pareil », mais les hommes eux fabriquent des objets en série. Tout est dit non ? Un beau tableau dans ce jardin, pour peindre ce qu’est la neurodiversité en s’appuyant sur la palette que nous offre la biodiversité. 

Pour sensibiliser les élèves à la neurodiversité, j’aime commencer par leur parler de cerveau, et donc d’eux mêmes. Parler de neurosciences aux enfants surprend parfois les collègues : 

« C’est compliqué, tu ne les prépares pas à la fac de médecine ». 

Non … ce n’est pas « compliqué » c’est « complexe».

La neurodiversité est une affaire de « complexité » au sens que lui donne Edgar Morin, sociologue et philosophe. Petit détour théorique : 

Edgar Morin nous invite à penser le monde de manière globale, il s’agit alors de prendre de la hauteur sur le système qui nous intéresse ici, la neurodiversité humaine.

Retenons d’abord qu’un système forme un TOUT composé de différentes PARTIES, différentes les unes des autres, mêmes quand elles se ressemblent. Comme ici : image 1 tout parties

Comprendre le tout  et/ou comprendre chaque partie ne suffit pas pour saisir la richesse de ce système. Il s’agit ensuite de comprendre que dans ce TOUT les PARTIES sont en interactions, sont reliées. 

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Cet ensemble d’interactions entre ces PARTIES produit quelque chose de nouveau qui sera projeté   sur l’environnement extérieur au système. 

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Le TOUT composé de PARTIES en interactions est alors relié au monde, et agit sur celui ci. Inversement le monde agit aussi sur ce tout, c’est la boucle récursive.

Je vous invite à lire Penser global ou plus encore, La méthode d’Edgar Morin pour approfondir ces concepts vulgarisés ici. 

Maintenant, osons un transfert avec la neurodiversité, le système éducatif, ce tout que forme l’école, vise l’inclusion de différents élèves aux profils cognitifs divers, mais aussi au développement divers, à l’histoire de vie diverse….Et ce après être passé par l’exclusion, la ségrégation, l’intégration. Mais l’inclusion est plus complexe que juste réunir dans un système des parties différentes.

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 Il est important de prendre en compte le fait que ces parties, si on laisse naître les interactions, communiquent entre elles, peuvent être complémentaires. Laissons vivre ce système neurodivers, nous observerons alors qu’il produira quelque chose de nouveau que chaque partie indépendamment des autres n’aurait pas été en mesure de produire. Pour simplifier, mélangez du bleu et du rouge, vous obtiendrez du violet ! Ni le bleu, ni le rouge ne contenait de violet. 

La nature fait cela déjà… Chacune de nos cellules est composée de différents éléments qui, en interagissant entre eux, permettent de faire naître la vie. Le cerveau n’est il pas composé lui même de différentes parties qui interagissent entre elles pour produire un effet sur le monde et inversement se saisit du monde par ses perceptions ? C’est cela l’intelligence humaine. 

Le cosmos n’était-il pas un de ces systèmes composés de différents éléments qui par leurs interactions ont fait naître notre planète ? 

C’est cela penser global.  

Saisir la complexité de la neurodiversité humaine, c’est peut être aussi se donner les chances d’une école du XXIème siècle plus créative, et alors d’une société qui sera en mesure de relever les nombreux défis auxquelles elle devra faire face. Il est nécessaire pour cela de regrouper dans un même système éducatif toutes ces formes d’intelligences. Nous ne pouvons juste viser l’inclusion, nous devons viser la complémentarité, la création, la complexité. Car, tout est différent dans la nature ! Ne devenons pas produits de nous mêmes comme ces voitures en série. 

Il est temps de changer de paradigme sur ce qu’est l’intelligence humaine. 

Perrine Sonneville.

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De (trop) nombreux élèves « dys » pénalisés pour le bac

Pour cette année 2018-2019, l’inclusion reste une splendide chimère. En témoignent, les difficultés rencontrées par les élèves porteurs de troubles dys à l’heure des examens de fin d’année. 

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Elle s’appelle Léa, c’est une jeune fille en apparence comme les autres. Une jeune fille qui se projette dans les études supérieures, après le bac. Seulement voilà, au moment de l’épreuve du bac, elle devra se passer du logiciel de compensation qu’elle utilise depuis la sixième. Le rectorat refuse en effet de lui en accorder l’autorisation. 

Comme chaque année, les « dys » sont nombreux à se voir refuser les aménagements qui devraient leur être accordés de droit. En outre, certaines académies, non contente de freiner la réussite des jeunes, tardent à livrer leur réponse négative, annihilant les possibilités pour les familles de se retourner. 

Dans un communiqué, la Fédération Française des dys dénonce « des pratiques illégales, injustes et variables d’un rectorat à un autre, qui privent les élèves porteurs de troubles Dys de leurs droits constitutionnels, leur permettant de bénéficier d’un traitement équitable sur tout le territoire. »

Une décision d’autant plus incohérente que les mêmes élèves bénéficient de ces aménagements tout au long de l’année scolaire  dans le cadre des dispositifs adaptés : les Projets Personnalisés de Scolarisation (PPS) et les Plans d’Accompagnement Personnalisé (PAP).

Nonobstant la loi du 11 Février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, selon laquelle tout enfant a le droit d’être scolarisé, ainsi que le projet de loi pour l’école de la confiance de Jean-Michel Blanquer qui annonce un « renforcement de l’école inclusive », les administrations continuent de faire barrage à l’école pour tous. 

« Cette année, par exemple, tous les élèves d’une classe d’ULIS, bénéficiant de projets personnels de scolarisation et d’aides humaines tout au long de l’année scolaire, se sont vu refuser tous les aménagements aux examens. » dénonce encore la FFDys .

 

 

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Béatrice Sauvageot, pasionaria des troubles dys, sort une application dédiée aux troubles de l’apprentissage

On ne présente plus Béatrice Sauvageot dans le monde de la dyslexie. Orthophoniste, musicienne, co-fondatrice de l’association « Puissance dys », auteure de « Vive la dyslexie » et de « La dyslexie, c’est fini », Béatrice Sauvageot propose depuis 22 ans une méthode pour rééduquer les dyslexiques, notamment grâce   à l’expression artistique et au jeu. Entourée d’un groupe de recherche, elle a mis au point l’application « Dysplay », un outil pour « démocratiser le repérage et la rééducation de tous les troubles de l’apprentissage ».

 

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Béatrice Sauvageot, une carrière dédiée à la dyslexie

Béatrice Sauvageot n’est pas dyslexique. Pourtant, elle n’a pas attendu la fin de ses études pour se passionner pour ces profils atypiques. C’est lors d’un stage qu’elle découvre « le traitement horrible » réservé aux élèves dyslexiques et s’empare de cette nouvelle cause: « J’ai eu le sentiment qu’on maltraitait les élèves. Et puis je me suis demandé: pourquoi on n’aide pas les adultes aussi? ».

Déterminée à comprendre et à jouer un rôle face à la dyslexie, elle se forme aux neurosciences et fonde avec Jean Métellus l’association ‘’Puissance dys ».  Elle élabore sa propre méthode qu’elle met en oeuvre dans  un centre pédagogique et thérapeutique, une méthode aujourd’hui utilisée dans 24 pays.

Son objectif? Eradiquer la dyslexie. Ou du moins, le terme de dyslexie, intrinsèquement négatif. « Autrefois, être gaucher était perçu comme un dysfonctionnement. Pour la dyslexie, c’est pareil: ce n’est pas un dysfonctionnement, c’est un fonctionnement différent », nous a confié Béatrice Sauvageot. La dyslexie n’est donc pas une déficience, loin s’en faut: «Depuis une dizaine d’années, nous avons découvert des perceptions visuelles des lettres et des mots chez les dyslexiques et les dysorthographiques. Les zones utilisées pour déchiffrer ne sont pas les mêmes que les nôtres, elles passent par 3 analyses simultanées des lettres. Si on analyse les rythmes d’association des groupes de graphèmes, nous percevons que les dys déchiffrent de la même façon qu’un musicien devant une partition : il a besoin de la contre forme, de la complémentarité et d’indications diverses de couleurs, de pleins et de vides afin d’accéder à une lecture fluide, le déchiffrage est son ennemi. »

Elle propose alors une nouvelle appellation pour parler de dyslexie: l’ambilexie. En effet, les ambilexes doivent apprendre la lecture officielle comme une langue étrangère, une langue qui ne possède ni la même logique, ni la même structure que la leur. Pour ce faire, Béatrice Sauvageot et son équipe ont  mis au point une méthode ludique et artistique,  mobilisant le schéma corporel, la musique, la danse, ou encore le rire, qu’elle propose à son cabinet libéral, mais aussi en milieu scolaire, carcéral, hospitalier ou universitaire.

Si l’on parle de « méthode Sauvageot », celle qui lui a donné son nom ne propose pas de méthode figée : « Il faut créer une méthode par individu, on est un peu le Bricorama des enseignants, des parents, de profs »s’amuse-t-elle. C’est sans doute ce regard alerte et cette inventivité qui en ont fait une professionnelle incontournable de la rééducation des « troubles dys », et lui ont valu un prix de la fondation de France en 1992.

DYSPLAY,  l’application pour repérer et rééduquer la dyslexie

C’est dans une perspective de « démocratisation du repérage et de rééducation de tous les troubles de l’apprentissages »qu’elle et son équipe ont mis au point, avec le soutien du groupe de protection sociale Malakoff Médéric, l’application « Dysplay », disponible sur Google play, et prochainement sur l’Apple Store.

Elaborée avec le concours d’enfants, de parents, d’enseignants et de professionnels, cette application qui peut être utilisée dès la maternelle veut faciliter le repérage et la rééducation de tous les troubles de l’apprentissage, qui concerneraient 24 % de la population mondiale.

Reconnue par le journal international de médecine et la MDPH, l’application Dysplay Repérage, gratuite, permettrait de poser un diagnostic en moins d’une heure. Elle consiste, pour les enfants, en une série de 112 questions, de 133 questions pour les adolescents et de 162 questions pour les adultes ainsi que des tests de lecture à partir de la police bilexique.

L’étape suivante, en cas de diagnostic de troubles, c’est Dysplay Rééducation. Une application, cette fois-ci payante, fidèle à  l’esprit ludique et artistique de la méthode Sauvageot, constituée de jeux-exercices et d’une progression par paliers. Béatrice Sauvageot y propose aussi des « audiocaments » pour stimuler la plasticité cérébrale et les sens.

La thérapie par le son, notre orthophoniste touche à tout y avait déjà eu recours en créant l’application « Résonnances » avec la complicité des musiciens Solrey et Desplat, un outil d’hyper-stimulation du cerveau qui optimise « la concentration, l’attention, les mémoires, le contrôle et l’estime de soi », en procurant une  « sensation durable de bien-être et de réussite ». Autant de sources d’inspiration pour les thérapeutes qui parviendront, espérons dans un futur proche, à éradiquer incompréhensions et discriminations dont sont trop souvent victimes nos petits atypiques.

 EDLN-JS-Mai 2019