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« Dans le milieu du travail, les autistes sont devenus des salariés recherchés par les entreprises » une interview de Hugo Horiot dans La Télégramme

Hugo Horiot, qui sera en dédicace à la librairie Dialogues à Brest ce vendredi, a répondu à cette occasion aux question du Télégramme. L’occasion d’insister, dans la continuité de son livre, sur l’avenir des intelligences atypiques, en particulier dans le monde du travail:

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« Dans le milieu du travail, les autistes sont devenus des salariés recherchés par les entreprises, parce que l’on est passé d’une économie industrielle à une économie digitale. Ce n’est pas pour faire du social qu

e les entreprises font ça, c’est pour augmenter leur performance, leur créativité. L’informatique est pour les autistes ce qu’est le langage des signes pour les sourds. Les compétences sociales ne sont plus l’atout principal qui vous permet d’évoluer dans la société. Deux autistes échangent de l’information brute, les autres salariés se jaugent, tronquent l’information en fonction de la personne qu’ils ont devant eux, subalterne ou supérieur hiérarchique. »

Lire l’article sur le site du Télégramme

 

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« Pognon de dingue »: Hugo Horiot interpelle Macron à propos des institutions

Unknown-1Si la toile s’est enflammée à la suite des indécentes déclarations macroniennes quant aux aides sociales, Hugo Horiot en a profité pour rappeler au Président de la République ses médiocres compétences de gestionnaire, en particulier le « pognon de dingue » dépensé, lui aussi, en institutions inutiles, « pognon » qui devrait être utilisé pour l’inclusion scolaire de tous les enfants.

Pour un rappel concernant la desinstitutionnalisation, vous pouvez relire nos deux derniers articles consacrés à l’inclusion scolaire en Italie:

L’Italie, pionnière de la desinstitutionnalisation

école inclusive: ce que nous apprend l’Italie

Ci dessous le post de Hugo sur sa page Facebook:

« On met un pognon de dingue et les gens ne s’en sortent pas… je suis d’accord avec Emmanuel Macron !

On met un pognon de dingue dans des centres dont des enfants, doués d’infiniment plus de compétences sociales que je n’en avais à leur âge et pourtant déscolarisés, ne sortent pas !

On met un pognon de dingue dans les hôpitaux de jour ou ceux qui devraient être sujets de droits deviennent objets de soins et ne s’en sortent pas.

On met un pognon de dingue dans des associations gestionnaires du médico-social dont les personnes mais également les publications annuelles de comptes, ne sortent pas.

Et vu qu’on ne s’en sort pas, on met un pognon de dingue pour envoyer en Belgique ceux pour lesquels il n’y a pas de place derrière les murs de nos institutions.

Si tout ce pognon de dingue était transféré vers l’Éducation Nationale pour lui permettre de se réformer et de se former à la diversité cognitive du genre humain, beaucoup d’entre nous s’en sortiraient mieux !

#Autisme #7milliards « 

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Relations école-famille: la culture du mépris

Si les documents officiels de l’Education Nationale prônent la complémentarité des deux entités que constituent les parents et les enseignants dans la réussite de l’enfant, la réalité est tout autre. De nombreux enseignants et parents déplorent leur médiocre communication réciproque, qui a évolué ces dernières décennies en une véritable culture du mépris. 

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L’Education Nationale est très compétente. Pour élaborer un novlangue spécial enseignement, dans lequel on se contentera de bêler des « compétences » des « diagnostics », et pourquoi pas, comme c’est à la mode, brandir l’étendard de la «coéducation». On distribue des « malettes » des relations famille-école (en novlangue Education Nationale, une malette est un tableau de 800 signes sur une page errante de la toile). Mais, comme à l’accoutumée, ces termes restent vides de sens. Car dans les faits, la coéducation n’en n’est qu’à ses balbutiements. La confiance, l’engagement, l’implication, laissent pour l’instant la place à la critique, à la défiance voire à l’évitement. D’un côté, l’on montre les « irresponsables » qui élèvent des « irrespectueux », de l’autre, on dénonce le déni de l’identité de l’enfant et de sa famille.

Stigmatisation

« On ne les voit jamais ni le matin, ni le soir, eux! », «  le cahier de liaison est resté une semaine dans le cartable » « sa mère est en arrêt depuis 3 mois et elle laisse son fils à la cantine! » « Oh ben alors maman elle t’a remis ton jean troué? » . Aussi pauvre est la connaissance enseignante du contexte familiale de ses élèves, aussi vindicative est sa condamnation: il y a ceux qui sont stupides, ceux qui travaillent trop, ceux qui ne travaillent pas assez, ceux qui posent trop de questions, trop souvent, ceux qui n’en posent pas assez… Les parents n’ont pas de réelle considération au sein de l’école. D’ailleurs, que ceux qui ont la chance d’avoir des espaces « parents » dans leur école (publique) nous envoient une photo! Les familles sont tenues à l’écart par la posture « à bonne distance » (merci la malette parents-profs!) le plan vigipirate, ou tout simplement, l’habitude.

L’enseignant sait

Aujourd’hui encore, il est délicat pour le parent de s’impliquer réellement dans l’éducation de son enfant. Cantonné à la surveillance des passages piétons lors des sorties scolaires, il n’a pas son mot à dire sur les projets et méthodologies mis en place par l’enseignant. En effet, une telle intrusion est vécue comme un affront par l’enseignant. Et pourtant, en y réfléchissant, quoi de plus légitime que de se préoccuper de l’apprentissage de son enfant?

La posture de l’enseignant n’est plus du tout en accord avec la parentalité d’aujourd’hui. En s’accrochant à la vieille image d’Epinal d’unique détenteur du savoir, en refusant de coopérer avec les familles et d’apprendre d’elles, l’enseignant se place dans une position hostile, qui lui vaudra bien des déboires. Cette distance, qui va de pair avec le refus de l’affect, cristallisé l’enseignant dans une vision froide, voire déterministe de l’avenir des élèves : « Combien de collègues ai-je entendu prédire un sombre avenir, avec un ricanement au coin des lèvres, à des élèves de 3 ans, à cause de leur contexte familial? C’est inadmissible. Il faudrait discerner une médaille aux enseignants, voire aux équipes qui osent sortir de leur tour d’ivoire et tenter la coéducation, car c’est encore très mal perçu.  » raconte Hervé, enseignant depuis 28 ans.

Le cas des élèves atypiques

Pour les parents qui ont la grande responsabilité de gérer la scolarité d’un enfant atypique, le problème est d’autant plus grand. Ils sont souvent confronté à des enseignants méfiants, mais aussi non-formés. Aussi pourrez-vous entendre à la tisanerie « oui enfin il parait qu’il a été diagnostiqué… ». Une attitude qui en dit long sur la légitimité qu’accorde l’enseignant au discours parental.  Un dédain qui, mêlé à la méconnaissance, mène bien souvent à l’impasse: « information préoccupante », phobie scolaire, déscolarisation… Mais ce n’est pas le problème individuel de quelques enseignants, c’est bien une culture du mépris cultivée depuis l’ESPE (Ecole Supérieure du professorat et de l’éducation).

La « culture du mépris » depuis l’ESPE

Maria, Professeur des écoles depuis deux ans, en témoigne: « Au cours de ma formation, le seul moment où l’on a abordé les relations avec la famille, c’était des jeux de rôles où l’on devait affronter des mères hystériques, des parents aveugles et  persuadés que leur progéniture devait sauter une classe, des parents qui stigmatisaient un autre enfant et agissaient comme des personnages immatures et irresponsables. »

Si cette posture hostile était conseillée à l’ESPE puis laissée aux oubliettes pendant la carrière des enseignants, ce serait un moindre mal. Malheureusement, comme de nombreux récits en témoignent, cette tendance au mépris prospère dans les tisaneries. Et pourtant… La clé de voute de la réussite (et donc du bien-être à l’école), semble être la considération octroyée à chaque élève, et, de fait, à son environnement familial. La Finlande, érigée en modèle éducatif y compris par la France, l’a bien compris:

« Les professeurs considèrent également comme faisant partie naturellement de leur travail le fait d’avoir des relations avec les familles en dehors du cadre scolaire : il n’est pas rare qu’un professeur se rende au domicile de ses élèves afin de se rendre compte de ses conditions de vie, tâche que l’on considère en France comme incombant à l’assistante sociale. » relate Phillipe Meirieu dans son article : « L’Education en Finlande: Les secrets d’une étonnante réussite »

Notre chère institution en est encore à considérer qu’il s’agit d’une « innovation » que d’ouvrir les portes de l’école aux parents, en atteste cette video où l’on présente l’initiative comme « dispositif innovant »!  Cette « culture du mépris », nous en sommes tous acteurs, tous responsables. Il serait temps que l’institution cesse de présenter de nouvelles théories et concepts inapplicables et insuffle, concrètement, un climat de confiance entre les familles et l’école.

EDLN- 27 Mars 2018

Non classé, Qu'est ce que...?

Qu’est ce que… la dyspraxie?

vidéo: Adrien Honnons, avec le soutien de la revue ANAE. 

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Laisse moi t’expliquer… La dyspraxie, par Julie Philippon

Peut-être avec vous déjà rencontré ces enfants « maladroits », « peu appliqués », ou encore « pas sportifs »? Certains sont incapables de manger proprement, se perdent ou n’aiment pas les puzzles… En réalité, il s’agit d’un trouble développemental de la coordination motrice, un dysfonctionnement de la praxie (le geste)  qui perturbe les tâches quotidiennes et les performances scolaires de l’enfant. Selon le haut comité de santé publique,  5 à 7% des enfants de 5 à 11 ans sont concernés par la dyspraxie, sachant que le trouble dyspraxique le plus fréquent est la dyspraxie visuo-spatiale (DVS).

 

Ce trouble peut entraîner:

  • une mauvaise appréhension de son corps (maladresse, difficultés en sport)
  • une dysgraphie
  • un retard des acquisitions motrices
  • Des problèmes de lecture
  • des difficultés en mathématiques: géométrie et numération

Le site dis-positif recense différents types de dyspraxie:

  • dyspraxie visuo-spatiale: trouble de l’articulation et de la structuration spatiale (difficulté à reproduire un dessin).
  • dyspraxie constructive non visuo-spatiale: l’enfant a des difficultés dans les activités d’assemblage ou de construction.
  • dyspraxie de l’habillage: l’enfant a des difficultés à s’habiller seul (boutons, lacets, fermeture éclair…).
  • dyspraxie idéatoire: trouble de la manipulation d’objets ou d’outils, c’est la succession chronologique pour réaliser un geste qui est altérée.
  • dyspraxie idéomotrice: troubles des gestes symboliques (sans objets à manipuler) comme mimer avec les doigts les comptines.

De nombreux aménagements sont envisageables, je vous invite à consulter à nouveau le site dis-positif  qui en propose une liste intéressante, ainsi que de nombreuses ressources pédagogiques. Mais bien sûr, afin de s’y adapter, il faut comprendre ce trouble. Il faut bien avoir à l’esprit qu’il s’agit d’un trouble d’acquisition et de coordination de gestes  qui semblent anodins, voire élémentaires, au reste de la population qui les a, lui, automatisés.

EDLN- JS- Mars 2018

 

Pour aller plus loin: 

 

https://www.cairn.info/revue-contraste-2008-1-page-321.htm

https://www.cartablefantastique.fr/la-dyspraxie/quest-ce-que-la-dyspraxie/dyspraxie-numeration-et-operations/

association DFD 

association DMF

 

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Comment pensent les anti-conformistes?(the conversation)

Amandine Bery, Biologiste, post doctorante en neurosciences, Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), vient de poster un article passionnant sur le site  The conversation.

Extrait:

« Que se passe-t-il dans le cerveau d’un homme qui choisit de s’affranchir de l’opinion commune ? Les neurosciences s’intéressent depuis de nombreuses années aux personnalités anticonformistes. L’enjeu est important, car ces individus permettent de faire évoluer la société et avancer la science.

Parmi les chercheurs, ils sont peu nombreux à remettre en cause les dogmes et à prendre le risque d’être attaqués, voire marginalisés par leurs pairs. L’histoire est riche, pourtant, de ces scientifiques qui, comme Albert Einstein ou Marie Curie, sont sortis des clous et ont révolutionné leur discipline.

La sélection naturelle semble privilégier le conformisme chez les individus. En même temps, l’évolution préserve une minorité aux idées hors normes, dont la créativité pourrait bien conditionner, ni plus ni moins, la survie de l’espèce. Le mathématicien Cédric Villani et l’ingénieure Thanh Nghiem appellent à valoriser ces individus atypiques. Ils estiment que ceux qu’ils ont rebaptisés les « crapauds fous » sont les plus à même d’inventer de nouveaux modèles dans un monde secoué par le changement climatique, le bouleversement numérique et le terrorisme. »

Lire l’intégralité de l’article

 

 

Statue de bronze d’Albert Einstein dans le parc de l’académie des sciences, à Washington. Robert Lyle Bolton/Flicr, CC BY

 

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« De nombreux organismes confisquent notre parole »

18765896_10212488438941551_5158749913968393610_n » En France, depuis toujours, l’Histoire s’écrit sans nous. Nous, les autistes ou les atypiques. Notre voix est marginalisée, étouffée et censurée. De nombreux organismes confisquent notre parole quand celle-ci trouble l’ordre établi et contrarie leurs intérêts. Les nombreuses dérives des lobbies prenant en otage la population #autiste en lui interdisant l’accès à la citoyenneté et aux mêmes droits que les autres, sont communément admises dans le paysage, avec l’approbation des médias et la passivité ou parfois le soutien des pouvoirs publics.

Des études récentes ont prouvé que la déficience mentale concerne à peine 10% de la population autiste. Cependant, cela n’empêche pas, par exemple, l’association gestionnaire Autisme France, d’entretenir de façon franche ou implicite selon les circonstances, l’idée que le problème ne vient pas de nos institutions mais que l’#autisme serait le problème ou encore que seuls les autistes dits Asperger, seraient vaguement en mesure d’assurer leur autonomie au sein d’une hypothétique société inclusive. Il en est de même de l’association AFG Autisme, dite « première association gestionnaire d’établissements et services médico-sociaux pour personnes autistes », dont la presse s’est déjà fait l’écho de la gestion déplorable de certains de ses centres ou encore de conflits d’intérêts pour remporter des appels d’offre.

Mais ce n’est pas tout. On assiste aujourd’hui à une vague de désinformation, de « Fake News », associant autisme avec surexposition aux écrans, dont le service public (Elise Lucet dans Envoyé spécial sur France 2) se fait le relais. Certains s’étonnent de l’émergence de ce mouvement entendant « anéantir l’autisme » : Thérapie Andaloussia pour anéantir l’AUTISME. Or, cela n’est guère étonnant quand afficher noir sur blanc parmi ses objectifs sa détermination à « éradiquer l’autisme » n’empêche pas de toucher des fonds publics. C’est le cas de l’association gestionnaire VAINCRE L’AUTISME qui ne considère l’autisme ni plus ni moins que comme une maladie à soigner ou à guérir, à défaut de la faire disparaître. Il serait pourtant inconcevable qu’une association ayant pour objectif d’éradiquer l’homosexualité, les juifs ou les noirs puisse exister ou toucher des subventions. Il y a donc là deux poids deux mesures concernant le devoir de tolérance qui incombe à chacun vis à vis des diverses populations au pays des Droits de l’Homme, où règne comme un climat de racisme cognitif, aux relents d’autismophobie…

A ce lobby du médico-social, s’ajoute celui du sanitaire qui s’emploie à maintenir la population autiste prisonnière des murs des hôpitaux de jour et des hôpitaux psychiatriques, structures dans lesquelles se terrent encore des adeptes d’une pratique de contention définie par l’ONU comme acte de maltraitance : le  » packing « … et si l’on en croit le récent ouvrage  » La Cause des autistes  » publié aux Éditions Payot d’une certaine Maître Sophie Janois, la France ne brille ni par le respect des droits fondamentaux ni par l’absence de discriminations à l’égard de la population autiste. Elle affiche au contraire sur la scène européenne de tristes records en matière d’autisme : championne des placements abusifs, déscolarisation massive, chômage à plus de 90%…

A l’heure ou par exemple la Suède, la Norvège, l’Italie ou encore le Pays Basque Espagnol ont depuis plusieurs décennies tourné le dos à l’institutionnalisation des profils atypiques, comment expliquer que notre pays peine lamentablement à remédier d’urgence à ce retard ? Peut-être en constatant que les lobbies du sanitaire et du médico-social sont les éternels interlocuteurs consultés par les pouvoirs publics, dans les décisions politiques concernant l’avenir de la population autiste… Il n’est pas rare également d’entendre des représentants du gouvernement jouer le jeu de ces lobbies au mépris de la population autiste en disant en  » off  » qu’engager le processus de la #désinstitutionnalisation en vue d’ériger le fondement d’une société inclusive prendra au mieux une génération. Comment entendre un tel discours, quand de nombreux pays européens ont démantelé leurs établissements spécialisés en seulement quelques années, il y a de cela plusieurs décennies et ont affecté les moyens qui leur étaient alloués vers l’école, pour lui permettre d’accueillir ces divers profils atypiques ? Cela semble aussi une étrange notion de  » priorité du quinquennat  » pour une société inclusive, pourtant affichée par le Président de la République. Si la société inclusive est réellement une priorité du quinquennat, alors ce quinquennat doit être celui de la désinstitutionnalisation.

Le Président Emmanuel Macron a déclaré lors du lancement des concertations du #PlanAutisme4 « se méfier des plans ». Sur ce point, je partage son appréhension. D’une concertation entre les acteurs de l’institutionnalisation, ne surgiront jamais les fondations d’une #SociétéInclusive. »

 

Hugo Horiot