Juliette SPERANZA

61402725_2442690592417831_1834473436559179776_n » Après avoir enseigné la philosophie et le théâtre au lycée, les  matières générales en centre de formation et d’apprentissage, j’ai dirigé un lieu culturel en milieu rural durant deux ans. Quand je n’enseignais pas, j’ai toujours été en lien avec l’école, en tant qu’intervenante ou pour diriger des ateliers d’écriture, étant également auteure. En 2016, je suis devenue professeur des écoles, et me suis retrouvée, une seconde fois, confrontée à mon «ascolarité ». J’ai aussi vu l’envers du décor, l’ignorance, voire l’hostilité du corps enseignant vis-à-vis de de ce qu’on appelle les « neurodivergents ». J’ai aussi vu la maltraitance et la déconsidération que subissent les orfèvres de la démocratie. 

 

Une élève « peu scolaire »

L’enfant que j’étais, celle au comportement inadapté, celle qui ne parvenait à travailler ni dans l’absurde, ni dans la contrainte, a refait surface. Et la douleur et l’injustice. C’est en me voyant chercher vainement à me « conformer « qu’un formateur m’a conseillé d’aller consulter une neuropsy. Cette expérience m’a permis de prendre conscience de mon profil atypique, mais aussi des discriminations que j’avais subie en tant que tel. 

Depuis ce jour-là, je me suis passionnée pour la Neurodiversité, pierre angulaire de la réussite scolaire. Bien sûr, de nombreux facteurs psycho-sociaux impactent l’échec scolaire, cependant le peu de cas que l’Education nationale fait de la diversité des intelligences est alarmante.

Ma démission de l’Education nationale

Aujourd’hui mère de quatre enfants, j’ai pris la décision de démissionner de l’Education Nationale, horrifiée par une institution qui exclut les individus ne répondant pas à des codes sociaux implicites ou à des méthodes d’apprentissage standardisées.  Ma décision est devenue irrévocable  lorsqu’un formateur m’a affirmé que j’ « étais trop bienveillante » , et que « j’individualisais trop » !

Ma thèse sur la Neurodiversité

Je travaille désormais sur une thèse en Philosophie de l’éducation sur le thème des normes scolaires et de la neurodiversité sous la direction de Pierre Ancet, en partenariat avec le secrétariat d’Etat chargé des personnes handicapées.  Je souhaite mettre en évidence la responsabilité directe des normes et de la culture de l’Education nationale dans le naufrage et la déscolarisation de millions d’élèves, et contribuer à l’émergence d’une éducation plus juste. Je participe également à l’organisation de la première « fête de la neurodiversité » qui aura lieu en octobre 2019. »