Articles sélectionnés, autisme, école inclusive, douance, Non classé, tdah, troubles dys

« Non, ce ne sont pas les différences qui créent l’échec scolaire »

Lors de la conférence nationale du handicap du 11 Février 2020, Le président Macron déclarait: “Il y a toutes les différences qui créent de l’échec scolaire si elles ne sont pas repérées, diagnostiquées accompagnés : les dyslexies, dyspraxies, (…) ces forfaits seront ouverts à tous les DYS”.

Comment vous expliquer, cher Président. Vous avez sans doute entendu parler, enfin, je l’espère du « modèle social du handicap »: la situation de handicap serait la résultante de l’interaction d’un individu avec un environnement particulier, inadapté. L’échec scolaire est une production sociale, au même titre que le handicap. C’est bien le système que vous laissez prospérer sous votre mandat qui produit, en masse, l’échec scolaire, et non les différences de nos enfants, qu’ils soient trop « différents » « dys » trop « Tdah », trop « autistes », trop « sourds » ou, comble institutionnel, trop « hauts potentiels ». Vous évoquiez, dans votre discours les « forces » et les « faiblesses » des personnes en situation de handicap, mais à quel moment l’institution dirigée par votre ministre Blanquer permet-elle à ces « forces » de s’exprimer?

Le système scolaire devrait, en tant que service public, s’adapter à la neurodiversité afin que chacun puisse s’épanouir et apprendre dans des conditions dignes. Le module « handicap » que vous proposez d’intégrer pour la formation des futurs enseignants devra comporter une vraie réflexion sur la posture de l’enseignant face à la diversité de ses élèves, et pas uniquement comporter quelques astuces pour gérer le situation de handicap en classe.  Pourquoi s’arrêter sur les mots, me direz-vous, alors que l’intention semble charitable? Justement, peut-être, parce que cette politique éducative adopte une posture à la fois ségrégative et charitable. Et parce que les mots sont importants. Tant que vous n’aurez pas compris et accepté l’égalité cognitive de tous les citoyens, l’inclusion restera une chimère.

 

 

 

Articles sélectionnés, école inclusive

L’ITALIE, PIONIERE DE LA DESINSTITUTIONNALISATION

La vigilance quant à la ségrégation des personnes en situation de handicap est une préoccupation majeure en Italie. 

kids-1093758__340

 

Au début des années 70, l’Italie connait un important mouvement de désinstitutionnalisation, largement impulsé par le professeur Bastaglia de Trieste, figure de proue du mouvement anti-psychiatrique. Un raz-de-marée qui  aboutit à l’adoption de la loi 180 du 13 mai 1978, qui prévoit la fermeture de tous les hôpitaux psychiatriques. Au delà de la législation, c’est un véritablement renouvellement idéologique qui est enclenché: l’individu en situation de handicap n’est plus considéré au regard de ses carences, mais l’on fait prévaloir ses ressources et ses compétences sociales:  « Les personnes ne doivent plus être considérées comme des usagers passifs bénéficiaires de services sanitaires et sociaux, mais comme des individus actifs, membres de leur communauté, titulaires de droits et participant à la définition des conditions de leur prise en charge ».

Le mouvement conduit à l’adoption de la loi 517 de 1977 qui impose dans les faits l’intégration scolaire, et, par conséquent, la fermeture des classes différenciées et des écoles spécialisées. Les professionnels interviendront donc en tant qu’enseignants spécialisés en soutien au milieu ordinaire. Depuis 1987, le droit à l’intégration pour chaque enfant est reconnu de la crèche jusqu’au lycée. L’implication des établissements et des collectivités dans le processus d’intégration des élèves en situation de handicap est aussi un facteur de réussite majeur.

Cette desinstitutionnalisation va concerner la sphère scolaire, mais va aussi entrainer le déclin des formes ségrégatives de travail protégé, jugées trop « occupationnelles », ne conférant ni relations de travail ni rémunération (elles seront remplacées par d’autres structures plus inclusives comme les « coopératives sociales »). L’Etat substitue aux grandes institutions des formules de maintien à domicile, mais aussi des  « communautés de logement », « maisons familiales », services résidentiels, permanents ou temporaires, intégrés dans les centres habités.

                                                                                                                              EDLN-JS- Mai 2018

Source: LA COMPENSATION DU HANDICAP EN ITALIE, rapport n° 2003 056 présenté par M. Patrick SEGAL, en collaboration avec M. Gautier MAIGNE, membres de l’Inspection générale des affaires sociales.